« Dissolution, personne sans solution ! » : c'est avec des slogans percutants que les collaborateurs parlementaires se sont mobilisés mardi dans les jardins de l'Assemblée, redoutant une répétition du cataclysme de juin 2024, qui avait entraîné le licenciement de milliers d'entre eux. Les manifestants réclament des droits égaux à ceux des licenciés économiques, tandis qu'ils s'inquiètent des conditions de départ à l'approche des élections d'avril 2027.
Deux ans après l'annonce de la dissolution par Emmanuel Macron, qui avait quitté plusieurs d'entre eux sans emploi du jour au lendemain, tous les syndicats représentatifs ont appelé à cette mobilisation. Manon Amirshahi, secrétaire générale de la CGT-CP, évoque des souvenirs douloureux : « Le 9 juin 2024, 2000 personnes apprenaient leur licenciement en direct à la télévision. Dans quelques mois, l'histoire va se répéter », a-t-elle prévenu.
Vers une nouvelle dissolution après l'élection présidentielle
Les analystes politiques s’accordent à dire que le futur président de la République pourrait dissoudre l'Assemblée, cherchant à obtenir une nouvelle majorité. Dans ce contexte, les besoins en couverture sociale et en soutien pour les employés sont urgents.
Les collaborateurs, souvent dans l'ombre, réalisent des tâches essentielles telles que la rédaction d'amendements ou la gestion du courrier des députés. « Nous sommes le moteur de cette institution, il est temps de respecter le dialogue social », a souligné Amirshahi.
Elle a également rappelé les scènes tragiques de collaborateurs errant dans les couloirs avec des cartons, sans aide financière pour certains n’ayant même pas terminé leur période d'essai.
Les revendications incluent une indemnité minimum de 3000 euros brut, un accompagnement vers France Travail, ainsi qu'un statut officiel. Des députés de gauche ont assisté à la manifestation, soulignant l'importance de l'organisation syndicale dans la défense des droits des employés.
Anne-Laure Blin, présidente de l’association des députés-employeurs, a qualifié ce rassemblement d’« étonnant », notant que des discussions avaient déjà été entamées pour aborder ces questions. Cela met en évidence le défi constant entre revendications des employés et gestion politique.
La situation actuelle met en exergue les fragilités d’un secteur essentiel pour le fonctionnement de la démocratie, alors que le climat politique se prépare pour d'importants bouleversements.







