Ce mardi, des dizaines d'Accompagnants d'Élèves en Situation de Handicap (AESH) ont défilé à Chambéry, en lien avec des manifestations similaires à travers la France. Mobilisés pour réclamer un véritable statut et de meilleures rémunérations, les AESH dénoncent des conditions de travail inacceptables et une école inclusive devenue « au rabais ».
"Assez de la précarité, nous ne sommes pas des variables d'ajustement !" scandaient les manifestants, majoritairement des femmes, dont le salaire n'atteint pas souvent les 1000 euros par mois. Les témoignages sont accablants : "Je suis obligée de cumuler plusieurs emplois pour joindre les deux bouts", confie Stéphanie, AESH depuis 14 ans. Elle travaille également dans le périscolaire pour améliorer ses revenus. "C'est épuisant de jongler avec ces horaires", explique-t-elle.
Leurs missions varient mais incluent des élèves avec des troubles d'apprentissage ou des handicaps tels que l'autisme. Cécile, qui a 10 ans d'expérience, évoque des situations alarmantes : "J'ai dû intervenir auprès d'un élève de CM2 qui n'arrêtait pas de changer d'AESH. Cela crée une confusion incroyable pour lui, et c'est désolant de constater que nous sommes si peu soutenus."
« Une école inclusive au rabais »
Les AESH ne sont pas seules dans cette lutte. Des enseignantes comme Juliette se joignent à elles, pointant le manque de moyens : "Chaque rentrée est un véritable combat pour obtenir le nombre d'AESH nécessaire pour chaque élève. On fait du bricolage, et cela ne peut plus durer." Ces manquements mettent en péril l'inclusivité promise par l'éducation nationale.
Un avenir incertain pour les AESH
Anne-Sophie, une autre AESH, doute de sa capacité à poursuivre ce métier sans changement. "Je ne me vois pas continuer dix ans dans ces conditions. Je suis épuisée physiquement et mentalement", admet-elle. Beaucoup partagent son sentiment d'impuissance face à une situation qui semble figée.
Au terme de cette manifestation, les AESH espèrent qu'un vrai statut leur sera attribué, permettant ainsi de redresser ces conditions de travail désastreuses. Comme le souligne un rapport récent de l'Éducation nationale, la reconnaissance de ces professionnels est essentielle pour garantir l'inclusion réelle des élèves en situation de handicap.







