Lors d'une audience au tribunal de Tours le 9 juin 2026, un éleveur d'oiseaux non domestiqués a été confronté à des accusations sérieuses concernant des infractions à la réglementation sur les espèces protégées. Entre 2016 et 2022, des anomalies dans l'enregistrement et la détention des animaux ont été révélées par l'Office français de la biodiversité (OFB) lors de perquisitions à son domicile à Saint-Martin-sur-Ocre dans le Loiret.
La procureure a souligné l'importance de ce dossier, affirmant que "c'est la première fois que le pôle régional de traitement des affaires environnementales de Tours traite une affaire concernant des espèces protégées". Le prévenu, âgé de 59 ans, a eu du mal à justifier la présence d'animaux dont l'origine et la traçabilité sont floues. Des oiseaux officiellement déclarés morts ont été retrouvés vivants, et d'autres présentaient des divergences dans leurs enregistrements.
Un panel d'infractions alarmant
Les doutes sur la provenance de certains oiseaux s'accentuent, notamment face à des acquisitions réalisées auprès d'éleveurs soupçonnés de trafic d'espèces protégées. La procureure a insisté : "Quand on prétend aimer les espèces protégées, on doit savoir lesquelles sont légales et lesquelles ne le sont pas. Vous détenez des espèces que même les zoos n’ont pas."
Élevage en excès
L'éleveur avait bien obtenu l'autorisation de la préfecture du Loiret, mais celle-ci limitait son cheptel à 350 oiseaux dans des volières maximum de 80 mètres carrés. Pourtant, au moment de la perquisition, ce sont 471 oiseaux retrouvés dans une installation trois fois plus vaste qui ont suscité l'inquiétude des autorités. Malgré ses justifications de vouloir améliorer le bien-être des animaux, la défense des parties civiles, représentée par la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et l'association Loiret Nature Environnement, a accusé le prévenu de vouloir simplement satisfaire son ego de collectionneur.
Un agent de l'OFB a qualifié l'élevage de "XXL", tandis qu'un témoin de la défense, co-président d'une association de conservation, a plaidé que "le milieu des éleveurs fait face à une réglementation complexe, rendant difficile la conformité".
Le prévenu a affirmé avoir réduit son cheptel à 200 oiseaux, tout en souhaitant poursuivre son activité. La procureure a requis une peine de huit mois de prison, dont cinq avec sursis, ainsi qu'une amende de 48 000 euros. Le tribunal rendra son verdict mi-septembre 2026.







