La Commission européenne a récemment dévoilé une nouvelle stratégie énergétique orientée vers la Méditerranée, mettant l'Algérie au cœur de cette initiative. Avec un investissement prévu de 25 milliards d'euros, Bruxelles souhaite développer les énergies renouvelables dans le sud du bassin méditerranéen.
Cette démarche, nommée T-MED, vise à transformer le paysage énergétique européen tout en diminuant la dépendance de l'UE aux combustibles fossiles. Selon un haut fonctionnaire européen cité par Les Échos, « avec une portion du seul territoire algérien, vous pourriez couvrir tous les besoins énergétiques de l’Europe ». C'est dans ce contexte de défis énergétiques croissants que l’Algérie est perçue comme un acteur clé.
Le pays se distingue dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) avec une immense capacité technique en énergies solaire et éolienne, dépassant les 2 300 GW. Cette richesse naturelle est la raison pour laquelle l’Algérie est envisagée non seulement pour ses capacités de production, mais également comme un maillon essentiel des futurs corridors énergétiques reliant les rives méditerranéennes.
Une transition énergétique semée d’embûches
Le projet phare, le South H2 Corridor, ambitionne de transporter de l'hydrogène vert vers l'Europe par le biais de gazoducs reconvertis. Cependant, la route vers une transition énergétique efficace est parsemée d'obstacles. Dans de nombreux pays partenaires, les énergies renouvelables ne représentent actuellement que 1 à 3 % de leur mix énergétique, et les investissements restent largement insuffisants, selon une étude de Reuters.
Bruxelles anticipe ces défis et entend stimuler l'investissement privé à travers des mécanismes de garantie publique, tout en développant les infrastructures nécessaires pour réaliser le potentiel énergétique de la région.
Pour l'Algérie, cette transition pourrait offrir une occasion unique de diversifier son économie. Les projets de développement des énergies renouvelables et des corridors d'exportation vers l'Europe pourraient permettre une industrialisation croissante, dans un secteur porteur d’avenir, selon les experts du secteur.







