Le Parti socialiste (PS) a ouvert un nouveau chapitre dans sa réflexion politique en lançant son think tank nommé « Noûs » à la Rotonde de Stalingrad, à Paris, ce lundi 8 juin. Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, a incité les membres du parti à s'interroger sur les erreurs passées. L'ancien préfet de Paris, Didier Lallement, était l'un des invités pour discuter de la situation actuelle.
« Noûs », qui signifie « intelligence partagée » en grec ancien, s'affiche comme un « outil de bataille culturelle, de reconquête », selon Gaston Laval, coprésident de l’institut. Ce think tank se veut une plateforme d'échanges d'idées où les socialistes peuvent réfléchir plus profondément sans la pression de l'actualité immédiate.
« Nous avons carte blanche sur les idées, pour explorer de nouvelles divisions politiques et aborder les questions qui demeurent souvent négligées dans le débat public, » a déclaré Gaston Laval à l’Humanité. Sa visée est de réorienter les discussions internes du PS vers une approche plus réfléchie et rationnelle.
Une réflexion sur l’avenir
Cette soirée inaugurale a été teintée de débats sur les violences qui frappent à la fois les corps, les esprits et les institutions démocratiques. D'autres thèmes d'actualité, notamment le travail à l'ère de l'intelligence artificielle, seront abordés. Julie Martinez, coprésidente de Noûs, a souligné l'importance de rediscuter comment redistribuer la productivité marginale au profit des travailleurs, plutôt que des seuls employeurs.
Olivier Faure a également exprimé une réflexion critique sur la position actuelle du PS à gauche : « Si nous ne sommes plus la référence à gauche, nous devons interroger nos actions passées. » Pour lui, la naissance de Noûs représente une « invitation à penser contre soi-même », une démarche nécessaire dans un paysage politique en constante évolution.
Le secrétaire du PS a insisté sur le fait que Noûs est un espace de pensée indépendante, exempt des pressions des partis politiques, déplorant que la droite et l'extrême droite aient largement dominé le discours public. « Ils utilisent des référentiels que nous n'avons pas su, ou osé, déconstruire, » a critiqué Faure, ajoutant qu’il est crucial de mener cette bataille culturelle.
Ce premier rassemblement a été marqué par la présence de Didier Lallement, une figure controversée, familiarisée avec les critiques dans le cadre de la répression des manifestations des Gilets jaunes. Son intervention a suscité des réactions vives, notamment de Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l'homme, qui a rappelé que la police doit garantir la sécurité des manifestants, tandis qu'Arié Halimi, avocat des victimes de violences policières, a mis en avant la nécessité pour le PS de revisiter sa doctrine sur le maintien de l'ordre.
En somme, le lancement de « Noûs » marque une étape dans l'autocritique et le renouveau du Parti socialiste, avec l'espoir de retrouver une expertise politique qui lui fait actuellement défaut.







