Après la découverte d'un tatouage portant la devise des SS sur le bras d'un agent municipal, la mairie de Perpignan a décidé de ne pas renouveler son contrat. Le 9 juin, un représentant de la municipalité a confirmé que l'agent« ne sera pas renouvelé » sans fournir plus de précisions.
Cette décision fait suite à une alerte lancée par un usager lors d'une démarche administrative. Il a photographié l'agent, dont le crâne rasé était orné d'un pendentif en croix. Le tatouage, visible sur la face intérieure de son bras, affichait la phrase : « Mon honneur s'appelle fidélité », qui est la traduction de la devise officielle des SS : « Meine Ehre heißt Treue », utilisée par les nazis pour symboliser leur allégeance à Adolf Hitler.
Une devise interdite et son impact
Cette phrase, à connotation néo-nazie, est actuellement proscrite en Allemagne et en Autriche, témoignant de ses implications historiques sombres et de sa perception dans d'autres pays européens. Elle soulève des préoccupations sur les valeurs prônées par les agents de la fonction publique.
Réaction syndicale
Stéphane Maroselli, secrétaire général du syndicat des territoriaux à Perpignan, s'est dit choqué par cette situation. « Nous, agents, sommes les garants des valeurs de la République, et les symboles associés au nazisme n'ont rien à faire dans une collectivité », a-t-il déclaré. Tout en condamnant le fait, il a également mis en garde contre une supposée négligence dans les processus de recrutement. « Avec 2 500 agents et près de 150 recrutements par an, il est compliqué de contrôler chaque candidature », a-t-il ajouté.
Une affaire aux implications politiques
La situation a retenti sur la scène politique. Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a réagi sur les réseaux sociaux : « À Perpignan, on peut être agent municipal et arborer une devise des SS sur son bras. » Son commentaire soulève des inquiétudes sur l'acceptation de tels symboles dans la gestion publique, notamment sous une administration affichant des liens avec le Rassemblement National.
Thomas Portes, député LFI, a également pris la parole pour affirmer que « l’extrême droite n’a pas changé », ajoutant une couche critique sur l'évolution de la municipalité sous l'égide de Louis Aliot. Cette affaire, qui a pris de l'ampleur dans les médias, résonne avec des attentes croissantes de responsabilité et d'éthique publique.
Dans ce contexte, la mairie de Perpignan fait face à des interpellations sur la prise en charge des valeurs civiques et de la répression des idéologies extrémistes au sein de ses institutions.







