Mardi, une mère, endeuillée par la perte tragique de sa fille Lyhanna, a exprimé son désespoir face à la lenteur du traitement de sa plainte. L'avocat de la famille a pointé du doigt les insuffisances du système judiciaire, le qualifiant de "cœur du problème" alors que le Premier ministre annonçait des mesures pour apaiser les tensions.
Lors d'une conférence de presse à Fleurance, l'avocat François Roujou de Boubée a dressé un tableau inquiétant des dysfonctionnements, indiquant que les agents de la justice sont souvent submergés par un trop grand volume de dossiers. "Les gendarmes, policiers et magistrats luttent pour traiter un nombre incroyable d'affaires, et ce manque de moyens met en péril leur travail", a-t-il déclaré, réagissant aux remarques d'Emmanuel Macron qui, la semaine précédente, avait déclaré ne pas vouloir entendre parler de problèmes de ressources.
En réponse à l'engagement du garde des Sceaux Gérald Darmanin, qui a promis une étude en urgence de 70 000 plaintes concernant des enfants avant le 14 juillet, Roujou a qualifié cette démarche d'insuffisante : "C'est de la poudre de perlimpinpin, trop ambitieux pour être réalisable correctement".
Pendant ce temps, l'avocat représentant plusieurs familles de victimes a annoncé son intention de porter plainte contre l'État pour "faute lourde", en ciblant plusieurs institutions, dont le Garde des Sceaux, en raison d'une prétendue mise en danger de la vie d'autrui.
Dénonçant "l'hypocrisie" des discours politiques, l'avocat Pierre Debuisson a également mis en lumière le travail inégal des magistrats, tout en rendant hommage à la majorité dévouée et passionnée de ces acteurs de la justice.
"Si je n'avais pas déménagé, cela aurait pu être ma fille à la place de Lyhanna", a partagé la mère d'une autre victime, visiblement affectée. Sa propre plainte, déposée en août 2025, a été relancée lorsque Lyhanna a été identifiée comme l’une des victimes.
Alors que l'identification de Lyhanna a été confirmée ce vendredi, le procureur d'Agen doit encore fournir des détails sur les résultats de l'autopsie, notamment les causes précises de sa mort.
Dans une réunion de crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait état d'une proposition visant à durcir les peines pour les viols sur mineurs, tout en s’assurant que les enquêtes seraient menées dans un délai maximal de trois mois.
Malgré les propositions de réforme, la pression sur le gouvernement demeure intense, conséquence des manifestations de plus de 60 000 personnes à travers la France appelant à une meilleure gouvernance. Bien qu'il ait reconnu des "dysfonctionnements accablants", le ministre de la Justice reste ferme sur sa position et ne prévoit pas de démissionner.
Récemment, le député François Ruffin a souligné que la tragédie de Lyhanna n'est pas simplement due à des erreurs mais bien à un fonctionnement malsain de nos institutions judiciaires. Les autorités continuent d’exiger que la priorité soit donnée aux affaires de violence sexuelle sur mineurs, un appel qui semble nécessaire au vu de l'ampleur de la situation.







