Lors de sa première conférence de presse depuis le déclenchement des hostilités en Iran, Benyamin Nétanyahou a annoncé que le pays était "décimé" et ne détenait plus les capacités nécessaires pour produire de l'uranium enrichi ou des missiles balistiques. Il a soutenu qu'une opération terrestre serait essentielle pour déstabiliser le régime des ayatollahs.
Affichant une certaine satisfaction, Nétanyahou a éludé de nombreux sujets durant un échange télévisé avec les médias, où ses messages étaient délivrés en hébreu et en anglais. Il a insisté sur le fait que l'opération "Lion rugissant" était un succès incontestable. "Nous sommes en train de gagner, et l'Iran est sur le point d'être décimé", a-t-il déclaré, rapporté par The Jerusalem Post.
Il a affirmé que le programme nucléaire iranien était gravement touché et que son stock de missiles balistiques avait été anéanti. "Après 20 jours de bombardements, je peux vous l'affirmer : l'Iran n'a plus aucune capacité d'enrichissement d'uranium ni de production de missiles balistiques", a-t-il ajouté, promettant qu'il continuerait à réduire ces capacités en "poussière et cendres".
Les déclarations de Nétanyahou évoquent une vision d'un Iran "plus faible que jamais", alors qu'Israël s'affirme comme une puissance régionale, avec des ambitions mondiales. "Certains pourraient dire, une puissance mondiale", a-t-il soutenu, d'après The Times of Israel.
Cependant, aucun élément tangible n'a été fourni pour corroborer ses affirmations et il n'a pas abordé le sujet du stock d'uranium hautement enrichi resté sous les débris du site nucléaire d'Ispahan suite aux frappes américaines l'année précédente, nuance The New York Times.
Appel à une offensive terrestre
Selon El País, ces annonces seraient surtout un moyen de préparer le terrain pour une résolution du conflit sans renverser le régime iranien. Pour "provoquer l'effondrement du régime iranien", Nétanyahou a fait valoir qu'une offensive terrestre se révélerait nécessaire.
Bien qu'il ait précisé qu'Israël et les États-Unis pouvaient accomplir "beaucoup de choses par voie aérienne", il a reconnu qu'une "composante terrestre" serait cruciale pour favoriser un changement de régime, sans préciser à quoi pourrait ressembler cette opération, observe Ha’Aretz.
Les États-Unis, quant à eux, semblent adopter une position plus nuancée : "Trump a annoncé qu'il n'avait pas l'intention d'engager les États-Unis dans une telle opération", rapporte The Guardian. Il a affirmé : "Je n'envoie pas de troupes, où que ce soit", tout en ajoutant avec ironie : "Si c'était le cas, je ne vous le dirais certainement pas".
D'après un récent sondage Reuters/Ipsos, rapporté par le quotidien britannique, de nombreux Américains, accoutumés aux retournements de situation de leur président, estiment qu'il est probable qu'un envoi de troupes soit envisagé : 65 % pensent que "Trump ordonnera l'envoi de troupes dans le cadre d'une guerre terrestre de grande envergure en Iran", tandis que seulement 7 % soutiennent une telle décision.
Nétanyahou visé par des critiques
Nétanyahou a également évoqué les frappes effectuées sur le site de South Pars/North Dome, réputée comme la plus grande réserve de gaz au monde, partagée par l'Iran et le Qatar. Ces actions ont eu un impact sur un marché de l'énergie déjà instable, attirant l'attention de Washington, qui a déploré de ne pas avoir été prévenu.
Israël a "agi seul", a précisé Nétanyahou, en affirmant qu'il n'y aurait pas d'autres frappes, selon la demande expresse de Trump.
Cependant, des sources au fait des tensions entre la Maison-Blanche et les États du Golfe, rapportées par Politico, ont fait savoir que certains gouvernements craignent que Nétanyahou ait l'intention d'étendre le conflit, car cela pourrait jouer en sa faveur sur le plan interne. "Nétanyahou se moque des résultats des élections de mi-mandat pour les républicains, tout comme de l'héritage de Trump", a déclaré cette source. "Sa seule préoccupation est de se maintenir au pouvoir. Pour cela, la guerre pourrait être un moyen efficace".







