Sébastien Lecornu a rassemblé à Matignon plusieurs ministres ce matin pour élaborer de nouvelles stratégies relatives à la protection des enfants et à la lutte contre les violences sexuelles. Ce week-end, Paris a connu une affluence de manifestants exprimant leur ras-le-bol au sujet du traitement des crimes contre les mineurs. « Touchez pas à nos enfants », « police partout, justice nulle part », ou encore « Darmanin démission » étaient les slogans scandés par une foule réunie devant le ministère de la Justice. Ces manifestations, qui ont eu lieu en hommage à Lyhanna, une fillette de 11 ans dont le corps a été découvert dans le Gers, dénoncent les manquements du système judiciaire français. Près de 200 rassemblements ont eu lieu à travers tout le pays, véhiculant un unique message : « plus jamais ça !»
Les récentes révélations concernant les plaintes pour viols sur mineures à l'encontre du suspect du meurtre de Lyhanna ont suscité une indignation croissante. Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a reconnu des « dysfonctionnements inacceptables » au sein des services de l'État. Les rassemblements du lundi, principalement orchestrés par des associations féministes telles que Mouv’Enfants, ont vu des manifestants se heurter à des restrictions imposées par les autorités, mais cela n'a pas empêché les manifestations de se dérouler devant des lieux symboliques de la justice. Des slogans comme « Pour les victimes, la peine est imprescriptible » ont résonné dans la capitale.
La colère est palpable, comme l'illustre le témoignage de Charlotte, mère de famille : « On a l’impression que les choses n’avancent pas. Chaque drame semblera finalement être exclu de la conscience des responsables. Notre ministre ne semble pas concerné par les enfants ». Vincent, père de famille, a également exprimé son indignation : « Il est inacceptable que la justice soit si laxiste ; il faudrait que les juges rendent des comptes ». Selon lui, une partie de la responsabilité incombe également aux magistrats, qui semblent souvent isolés de la réalité des victimes.
Les questions se posent donc : la justice et la police ont-elles failli ? Jérôme B., principal suspect, avait fait l'objet de charges pour viol sur mineures mais n'a pas été interrogé alors que des signaux d'alarme étaient visibles.
Alors qu'un conseil restreint au sein du gouvernement se prépare ce mardi, les thèmes prioritaires incluront l'aggravation des peines liées aux viols répétés, la révision des délais de prescription, l'accompagnement des victimes durant les procédures et la nécessité d'une plus grande transparence quant aux décisions de classement sans suite. Une réunion animée entre les ministres concernés est donc imminente.
Pendant ce temps, au Sénat, une audition de Gérald Darmanin et de Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, est prévue. Darmanin a pris soin d'informer le public qu'il n’envisageait aucune démission, insistant sur le fait que la question nécessite d'être considérée dans son ensemble et pas seulement sous l'angle des moyens disponibles.
Les enjeux sont clairs : la France doit désormais faire face à des attentes croissantes concernant la protection des enfants et la rigueur de son système judiciaire. Les décisions qui seront prises lors de cette journée pourraient bien marquer un tournant dans l'approche gouvernementale face aux violences faites aux mineurs.
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