La mère d'une des victimes présumées de Jérôme B. s'est exprimée mardi sur le traitement tardif de sa plainte par le système judiciaire. L'avocat de la famille, François Roujou de Boubée, a mis en lumière les lacunes inquiétantes de la justice, qu'il qualifie de "vrai cœur du problème". En écho aux déclarations d'Emmanuel Macron, il a demandé des comptes sur les ressources allouées à la justice, après que le Premier ministre a promis des mesures pour apaiser la situation.
Lors d'une conférence de presse à Fleurance, Roujou a décrit des scènes troublantes où les policiers et magistrats se trouvent submergés par un volume critique de dossiers, peinant à gérer des tâches pourtant essentielles. "C'est alarmant de voir la justice dans un tel état de disfonctionnement", a-t-il déclaré, soulignant la montée de la détresse au sein du système.
En réponse à l'annonce du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, sur l'examen urgent de 70 000 plaintes concernant des enfants avant le 14 juillet, Roujou a exprimé des doutes sur l'efficacité de cette mesure, la qualifiant de "poudre de perlimpinpin".
Parallèlement, l'avocat représentant une mère dont la fille a également été victime présumée de Jérôme B. a annoncé qu'il intenterait une action contre l'État pour "faute lourde", pointant du doigt les autorités judiciaires pour "mise en danger de la vie d’autrui".
Pierre Debuisson, son avocat, a dénoncé l'hypocrisie des discours politiques, tout en rendant hommage au dévouement de nombreux magistrats et enquêteurs. La mère de la victime a partagé son angoisse, révélant qu'un simple changement d'adresse aurait pu lui avoir coûté sa fille.
Alors que l'identification du corps de Lyhanna a été annoncé, le procureur d'Agen va prochainement communiquer les résultats de l'autopsie, notamment sur les causes de la mort.
Au cœur des réactions gouvernementales, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a proposé des peines renforcées pour les violeurs d'enfants, suggérant jusqu'à la réclusion à perpétuité. Il a aussi appelé à des délais d'investigation plus courts pour les affaires concernant des mineurs.
Avec plus de 60 000 manifestants ayant exprimé leur mécontentement dans plusieurs villes françaises, la pression sur le gouvernement ne cesse d'augmenter. Bien que le ministre de la Justice ait admis des "dysfonctionnements notables", il a écarté l'idée de démissionner.
Le Premier ministre a conclu en réaffirmant sa confiance envers les métiers de la justice, une déclaration qui ne passe pas inaperçue alors que certains députés, comme François Ruffin, insistent sur le fait que les tragédies comme celle de Lyhanna résultent du fonctionnement régulier de la justice et de la police.
Laurent Nuñez a également exhorté les forces de sécurité à prioriser les affaires de violences sexuelles sur mineurs, une nécessité plus que jamais ressentie par les familles touchées par ces drames.







