Malgré une tendance à réduire les inégalités salariales, les femmes continuent de percevoir, en moyenne, un salaire inférieur de 22 % par rapport à leurs confrères masculins. Cet écart est le résultat de divers facteurs.
En effet, une partie des femmes travaille à temps partiel, ce qui reflète des rémunérations plus faibles. De plus, les femmes n'occupent pas les mêmes types d'emplois que les hommes, ni dans les mêmes secteurs. Une proportion significative de cet écart demeure inexpliquée, suggérant des biais discriminatoires chez certains employeurs.
L'écart salarial observé en 2023
Dans un rapport publié le 4 mars 2025, l'Insee a examiné les disparités salariales en France. Pour l'année 2023, il a été constaté que le salaire des femmes était en moyenne inférieur de 22,2 % à celui des hommes. Cet écart concerne les actifs du secteur privé, et se base sur leur rémunération nette après diverses cotisations sociales.
Concrètement, les femmes gagnent environ 21 340 euros par an (1 778 euros par mois), contre 27 430 euros (2 285 euros par mois) pour les hommes. Il est crucial de noter que cet écart tient compte de tous les modes de travail, qu'il s'agisse de temps partiel ou complet.
Par ailleurs, l'Insee signale que cet écart salarial tend à croître avec l'âge. Pour les jeunes de moins de 25 ans, l'écart est de 4,3 %. Cependant, il augmente à 7,6 % entre 25 et 39 ans, atteignant 19,3 % entre 50 et 59 ans, et culminant à près de 25 % pour les femmes de 60 ans et plus.
L'impact des enfants sur les salaires
L'écart salarial s'élargit également avec le nombre d'enfants. Selon l'Insee, pour 2022, ce différentiel est de 5,8 % pour les salariées sans enfant, tandis qu'il grimpe à 28,2 % entre les mères et les pères ayant trois enfants ou plus. Cela s'explique par la chute des revenus après une naissance et des carrières ralenties pour les mères, qui perçoivent en moyenne 29,9 % de moins que les pères.
Une légère diminution des inégalités
Il est important de noter que, malgré cette situation, l'Insee observe une réduction des inégalités salariales, d'un tiers entre 1995 et 2023. Ce phénomène s'accélère depuis 2019, avec une augmentation du nombre de femmes occupant des postes de cadres, bien rémunérés, et une diminution du travail à temps partiel.
Cependant, bien que les heures de travail des hommes aient légèrement baissé, cela a également influencé les disparités.
Pourquoi cet écart entre hommes et femmes ?
Les disparités salariales trouvent leurs racines dans le temps de travail et le type d'emploi occupé. Lorsque l’on ne considère que des emplois équivalents en termes de temps de travail, l’écart se réduit à 14,2 %, mais demeure. Une grande partie de cela est due au fait que davantage de femmes optent pour des emplois à temps partiel.
Différences sectorielles dans les emplois
Les femmes sont également moins présentes dans les secteurs les mieux rémunérés. Par exemple, seules 34 % des 10 % de salariés les mieux payés sont des femmes. Malgré des niveaux d'études souvent supérieurs, elles peinent à accéder à des postes de haut niveau. En conséquence, même dans des catégories professionnelles similaires, les femmes gagnent toujours moins que les hommes.
Cela s’explique par leur forte représentation dans les secteurs peu payés, tels que la vente, les soins et les services. Par conséquent, même en équivalence de conditions de travail, les femmes perçoivent toujours un salaire inférieur de 3,8 % par rapport aux hommes. Cette différence résiste à des explications simples et nécessite une analyse plus profonde, comme le soutient l'Observatoire des inégalités.







