Candidat aux élections présidentielles, Bruno Retailleau a exprimé ses préoccupations suite à la mort tragique de Lyhanna, 11 ans. Dans une interview accordée au Parisien, il propose la mise en place d'une cour disciplinaire pour la magistrature.
Un fait divers tragique devenu une affaire d'État. Disparue le 29 mai, la jeune collégienne a été retrouvée sans vie dans un silo agricole à Puycasquier (Gers) le 5 juin dernier. Le principal suspect, déjà visé par plusieurs plaintes et signalements, dont une accusation de viols sur mineur, est actuellement en détention provisoire.
Dans l'interview au Parisien, l'ancien ministre de la Défense et candidat à la présidentielle de 2027, Bruno Retailleau, dénonce un "abominable naufrage judiciaire", soutenant que l'État doit rendre des comptes lorsqu'il échoue à protéger ses citoyens.
Un appel à une réforme judiciaire
"Ce drame est un naufrage de la justice qui nécessite une réforme pénale radicale," a-t-il affirmé, soulignant que "ce n’est pas l’indépendance du parquet qui est en jeu, mais la nécessité d’un parquet appliquant les directives du ministre de la Justice," en référence à la circulaire Darmanin de janvier 2025, qui exhortait à prioriser le traitement des violences faites aux enfants.
"Les mécanismes de sanctions des magistrats sont inefficaces. Ils dépendent d'un Conseil supérieur de la magistrature trop corporatiste," a-t-il ajouté. Retailleau propose donc de remplacer le CSM par une cour disciplinaire.
Une cour citoyenne
Il a précisé que cette nouvelle instance devrait inclure un panel de citoyens tirés au sort pour éviter tout biais corporatiste. "Comme pour les jurys d'assises, il serait essentiel qu’un groupe de citoyens puisse siéger aux côtés de magistrats et d'experts", a-t-il insisté. Cette cour ne serait pas dirigée par un magistrat mais par l'un de ses membres, élu par ses pairs. Elle pourrait être saisie par les citoyens, les responsables hiérarchiques ou le ministre de la Justice.
Interrogé sur l'avenir du Conseil supérieur de la magistrature, Retailleau a affirmé qu'il serait restructuré pour continuer à nommer des magistrats. À moins d'un an des élections présidentielles, cette proposition audacieuse s’inscrit dans son engagement à réformer profondément le système judiciaire français.







