Le sujet des animaux sauvages envahissant les villes françaises n’a jamais été aussi d’actualité. Selon un reportage de France 2, une part croissante de la population se tourne vers des animaux exotiques tels que le lynx, le fennec ou encore le serval, malgré l’interdiction de posséder ces espèces protégées, passible d’une peine de trois ans d’emprisonnement.
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La scène est troublante : un fennec adoré comme une peluche, ou un ouistiti exhibé en toute insouciance. La mode actuelle ? Les servals, ces félins à l’apparence sauvage. Bien que la législation française prohibe leur possession sans autorisation, ces félins continuent à être saisis chez des particuliers chaque année. Le refuge Tonga Terre d’accueil, situé à Saint-Martin-la-Plaine, relève de ce défi en hébergeant des animaux sauvages maltraités.
L’un des récents arrivants, Cleia, a été découverte lors d’une perquisition dans un appartement. "Nous allons lui ouvrir la porte pour qu’elle explore son nouvel environnement paisiblement," indique Jean-Christophe Gérard, vétérinaire du refuge. C’est là le 43e serval pris en charge en quatre ans, une situation qui préoccupe le vétérinaire : "C’est dramatique ; ce sont toujours les animaux qui souffrent de mauvais traitements et d’un manque de connaissances de leurs soins. Ça nous met en colère de constater cela." Les réalités de possession d’animaux sauvages sont de plus en plus alarmantes, témoigne Coline Pouget, soigneuse au même refuge : "Les propriétaires ne mesurent pas le danger que représente un animal sauvage, même s’il est né en captivité. À l'âge adulte, ces félins conservent leur instinct potentiellement dangereux.”
Des vendeurs en ligne à portée de clic
Pour acheter ces animaux, de nombreux particuliers se tournent vers Internet, où des plateformes proposent des animaux de toutes espèces. Une enquête a révélé qu’un vendeur belge de servals partageait des images de ses animaux en vente pour 3 500 euros. Au téléphone, il avoue sans hésiter qu'il peut fournir de faux documents pour les acheteurs : "Je peux te mettre en contact avec un vétérinaire qui te fera un faux passeport, et je renommerai l’animal en un 'Mau égyptien'.”
Des méthodes de trafic surprenantes
Les douanes françaises s’efforcent d’endiguer ce trafic en surveillant tous les points d'entrée, y compris les aéroports. À Roissy-Charles-de-Gaulle, le chef d’unité adjoint, Adrien Clopier, révèle que les trafiquants utilisent des techniques inattendues pour dissimuler leurs marchandises : "Il arrive que des tortues soient cachées dans le décolleté d’une personne ou même dans des manteaux spécialement conçus pour le transport d’animaux.”
En 2022, les douaniers ont saisi 200 animaux vivants, essentiellement des oiseaux et des reptiles. Chaque couple de passereaux en provenance du Mexique peut atteindre une valeur de 1 000 euros sur le marché noir. En France, ceux qui participent à ce commerce risquent un emprisonnement d’au moins trois ans et une amende allant jusqu'à 150 000 euros.







