Mont-Saint-Michel : une réforme de gouvernance suscite la controverse

Une réforme de la gouvernance du Mont-Saint-Michel provoque la colère des syndicats.
Mont-Saint-Michel : une réforme de gouvernance suscite la controverse
Le Mont-Saint-Michel visité par trois millions de personnes chaque année  - James Petermeier/ZUMA/SIPA

Avec trois millions de visiteurs par an, le Mont-Saint-Michel est le site touristique le plus fréquenté de France en dehors de l'Ile-de-France. Mais qui prendra en main la gestion de ce monument emblématique ? Mercredi, le Premier ministre a dévoilé une « réforme de la gouvernance » visant à améliorer l'administration quotidienne de l’abbaye.

L'initiative vise à abroger le système de gestion partagé entre le Centre des monuments nationaux (CMN), qui administre l’abbaye, et l’établissement public national du Mont-Saint-Michel (EPMSM), chargé des zones touristiques environnantes. Selon Matignon, l’ensemble du site sera désormais administré par une seule entité, l'EPMSM.

Un souhait partagé par les élus

Ce changement de gouvernance a été longtemps réclamé par les représentants locaux, incluant le président de la région Normandie, Hervé Morin. Un rapport de la Cour des comptes a également critiqué cette bicéphalie, indiquant qu'elle entrave la promotion d'une politique touristique et culturelle cohérente tout en nuisant aux recettes. Selon cette analyse, le double commandement freine « la réduction des coûts nécessaires face à des missions redondantes ».

« La réforme proposée s'inspire des recommandations de la Cour des comptes afin d'instaurer une gestion intégrée tout en maintenant l'équilibre financier du Centre des monuments nationaux », a précisé le Premier ministre Sébastien Lecornu par l'intermédiaire de la plateforme X.

Des craintes exprimées par les syndicats

Néanmoins, la disparition du CMN est perçue comme une grave menace. Les syndicats redoutent une perte des revenus générés par les entrées au site et des financements publics nécessaires pour l'entretien du monument, qui sont cruciaux pour d'autres sites. Ils qualifient cette décision d'« honteuse et irresponsable », et ont appelé à une grève jeudi, avec un rassemblement organisé devant le siège de l'EPMSM à Paris.

« Cette décision constitue une rupture avec la vision nationale du patrimoine et équivaut à une véritable mise à mort du Centre des Monuments Nationaux. Cela porte un coup fatal à l'ensemble de son réseau », ont alerté les syndicats CGT, CFDT et Sud Solidaires dans un communiqué. Jean-Elie Strappini, cosecrétaire général du syndicat CGT du CMN, a déclaré à l’AFP : « On dépèce le Centre des monuments nationaux de l’un de ses monuments clés pour le système de péréquation qui permet d’ouvrir un large éventail de sites à travers le pays. »

Actuellement, le Centre des monuments nationaux génère « 6 à 7 millions d'euros de bénéfices grâce à l'exploitation de l’abbaye du Mont-Saint-Michel », ce qui en fait l'un des principaux contributeurs au fonds commun des monuments, juste derrière l'Arc de Triomphe.

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