Cinquante agriculteurs ont été placés en garde à vue après avoir occupé une annexe du ministère de l'Agriculture, à Paris. Leur intervention, qui a duré environ une heure, reflète une colère profonde face aux politiques agricoles du gouvernement. La préfecture de police a signalé que ces actions ont entraîné un trouble à l'ordre public, en ajoutant que plusieurs délits avaient été commis.
Les membres de la Confédération Paysanne, qui revendiquaient l'occupation, ont déployé une banderole affichant un message clair : « L'agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ». Ce rassemblement a mobilisé des agriculteurs, y compris des représentants d'Outre-mer, qui ont exprimé leur solidarité. Leur démarche visait à dénoncer l'accaparement des subventions agricoles par un petit nombre d'exploitants, en espérant également appeler à une « décolonisation de l'agriculture ».
La ministre de l'Agriculture a porté plainte contre cette action, qualifiée par le syndicat d'« pacifique et sans violence ». Ce dernier a également dénoncé un « mépris constant » du gouvernement envers les agriculteurs, ajoutant que de telles interventions sont souvent réprimées alors que d'autres pratiques, comme des manifestations de la FNSEA, sont accueillies avec bienveillance par le gouvernement.
Les agriculteurs estiment que la voix de la Confédération Paysanne est régulièrement bafouée par les institutions. En effet, la FNSEA, syndicat majoritaire, bénéficie d'une écoute privilégiée tandis que d'autres syndicats, comme la Confédération, se sentent marginalisés. Ce sentiment a été renforcé après l'annonce d'une nouvelle « loi d'urgence agricole », qui semble répondre principalement aux demandes de la FNSEA.
Des experts du secteur agricole, comme Pierre Dupont, économiste à l'INRA, soulignent que ces tensions reflètent des enjeux plus larges, notamment ceux liés à l'accès aux ressources et à la durabilité des exploitations. Les agriculteurs craignent que les bénéfices des subventions ne profitent qu'à quelques grandes entreprises de l'agriculture intensive, au détriment de la diversité et de la résilience des exploitations.
Le sentiment de frustration croissant au sein des agriculteurs pourrait ouvrir la voie à des mobilisations futures. Thomas Gibert, l'un des porte-paroles du syndicat, a déclaré : « Chaque fois que nous nous mobilisons, c'est la répression qui nous attend. » Ces événements soulignent donc la nécessité pour le gouvernement de reconsidérer ses approches afin d'incorporer réellement toutes les voix du monde agricole.







