Célébré pour sa piété et sa bravoure, le roi Saint Louis (1214 - 1270) est souvent décrit comme étant mort de la peste. Toutefois, des chercheurs français ont récemment ouvert une nouvelle voie d'interprétation en affirmant qu'il aurait en réalité succombé au scorbut.
Traditionnellement admise, la thèse de sa mort en 1270, sur le sol tunisien à son retour de la huitième croisade, a été remise en question par une étude publiée le 18 juin 2019 dans le Journal of Stomatology, Oral and Maxillofacial Surgery. Les chercheurs, dirigés par le Dr Philippe Charlier, ont conclu que le roi n’est pas mort de la peste mais d'une complication liée au scorbut, entraînant des infections des gencives et de l'os.
Les recherches approfondies menées par des experts
Pour arriver à cette constatation, l'équipe scientifique a analysé un fragment de mâchoire du roi, conservé à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le Dr Charlier, expert en anthropologie et paléopathologie, a déjà fait parler de lui pour ses études sur les restes d'importantes figures historiques.
Une confusion historique sur la terminologie
Les chercheurs suggèrent que l'erreur pourrait provenir d'une mauvaise interprétation d'un terme ancien français, « pestilence », habituellement associé à une maladie infectieuse. Ils soulignent que le scorbut, causé par une carence en vitamine C, aurait pu affaiblir Saint Louis, l'exposant à diverses infections potentielles. Ce dernier était en effet vulnérable aux complications graves en raison de son état de santé précaire.
Les recherches se poursuivent, et le Dr Charlier indique que son équipe examine actuellement les intestins momifiés de Saint Louis pour identifier les bactéries, virus ou champignons qui auraient pu affecter sa santé.
Le scorbut, bien que rare à notre époque, est une maladie liée à une déficience nutritionnelle. Elle se manifeste par divers symptômes tels que des hématomes, des douleurs articulaires et musculaires, et des saignements.







