François d’Orcival nous plonge dans une réalité préoccupante. Citant Jean-Luc Mélenchon à propos de l’état de certains quartiers, ces mots résonnent comme un cri d’alarme. Tout a commencé il y a 37 ans à Creil, troisième ville de l'Oise, où la diversité y dépasse les 107 nationalités. Avec une population de 37 000 habitants et plus de la moitié de logements sociaux, cette commune illustre parfaitement les mutations sociopolitiques en cours. Lucas Jakubowicz, dans son enquête Vote religieux, un tabou français, note que ce contexte est idéal pour observer le vote de la France insoumise.
Au bureau de vote n° 8, au cœur du Plateau, Mélenchon a atteint 75 % des voix au premier tour de la présidentielle de 2022. Cependant, la bataille politique dans l’Oise reste dominée par Marine Le Pen et Emmanuel Macron. La tension a réellement débuté en septembre 1989 avec le mouvement des « filles d’Allah », qui a secoué la commune. Lionel Jospin, alors ministre de l'Éducation nationale, déclarait : « Le fait qu'un enfant arrive [en classe] avec un foulard ne doit pas être un motif pour l’exclure... »
L'atmosphère de tension déchire la société
Ce contexte a engendré des fractures sociales, comme le constate Sylvie Duchâtelle, ancienne élue Les Républicains. Dans une enquête menée par le Figaro, elle souligne que « cette situation, sans aucun contrepoids, fracture totalement la population ; elle fait peur. » Plusieurs habitants commencent à envisager de quitter leur ville, illustrant ainsi la montée d’un climat de méfiance et de désespoir.
Emmanuel Macron, dans ses prises de parole, remarque que « il n'y a pas de sédition possible dans les communes de la République. » Pourtant, la réalité semble contredire cette affirmation. Le climat de colère et d’agression semble se développer, allant jusqu’à déchirer le tissu social.
Une insécurité omniprésente
Des policiers et gendarmes rapportent une réalité alarmante : « C’est de plus en plus compliqué. La ville entière est devenue un quartier sensible. » Peu importe l’endroit, de jour comme de nuit, l’insécurité prévaut, et entre 2020 et 2025, le volume des plaintes a pratiquement doublé. Des villes comme Saint-Denis et Roubaix témoignent également de ces changements profonds, tant historiques qu'humains, qui touchent l’ensemble de notre société. Une interrogation collective s'impose : sommes-nous face à un phénomène inéluctable ?







