Pour certains, la cryogénisation est un concept de science-fiction, une tentative d'échapper à la mortalité grâce à la technologie. Pour d'autres, il représente un espoir tangible de résurrection. Cette pratique consiste à conserver à des températures extrêmement basses les corps des personnes décédées, dans l'espoir de les ramener à la vie dans un avenir technologique. Mais ce pari sur l'avenir est risqué et coûteux, accessible seulement à une petite élite fortunée.
Les origines de la cryogénisation
La cryogénisation puise ses racines dans des œuvres de science-fiction, particulièrement au moment où l'exploration spatiale était à son apogée. Des auteurs imaginaient des astronautes endormis pendant des années, sans vieillissement à leur réveil. En 1962, Robert Ettinger, considéré comme le pionnier de la cryonie, publie La Perspective de l’immortalité, prônant le développement de cette pratique. En 1967, James Bedford devient le premier être humain cryogénisé, marquant le début d'une polémique au sein de la communauté scientifique.
Malgré les critiques, diverses entreprises se sont formées autour de ce concept, proposant des services controversés. Les histoires entourant les premiers praticiens montrent souvent un désespoir glaçant de familles refusant d'accepter la perte de leurs proches, prêtes à investir dans cette lueur d'espoir.
La science derrière la cryogénisation
Bien que peu pratiquée, la cryogénisation reste active, avec environ 350 personnes cryogénisées dans le monde, principalement aux États-Unis. LesogonaDes partisans de la cryonie soutiennent que la mort est un processus réversible. La procédure a évolué : elle nécessite une action rapide, idéalement dans les six heures après le décès clinique, pour minimiser la dégradation cellulaire. Toutefois, cette pratique soulève des questions éthiques, notamment la nécessité d'intervenir uniquement sur des patients en phase terminale.
Le processus de cryogénisation implique plusieurs étapes : d'abord, les fonctions cardiaques sont maintenues artificiellement, suivies d'un refroidissement du corps dans un bain de glace. Ensuite, un liquide cryoconservateur remplace le sang pour éviter la formation de cristaux de glace, qui pourrait endommager les tissus. Ce système de vitrification est une avancée par rapport aux méthodes précédentes et vise à préserver l'intégrité des cellules. La température est ensuite abaissée à -196°C, où le corps sera conservé dans des cylindres jusqu'à une éventuelle résurrection.
La légalité de la cryogénisation
Actuellement, la cryogénisation est considérée comme une pratique spéculative, car les défis scientifiques sont significatifs. Les partisans espèrent des avancées technologiques permettant de réparer les corps conservés, mais la communauté scientifique la traite souvent comme une utopie, critiquant sa viabilité. De plus, cette pratique est illégale dans de nombreux pays, la France étant l'un d'eux. Selon l'affaire du Docteur Martinot, pionnier en France, la cryogénisation a été refusée par les autorités, la jurisprudence actuelle n'autorisant que l'inhumation, la crémation ou le don du corps à la science.







