Le système de retraite français se divise en deux régimes principaux : celui des fonctionnaires et celui des salariés du secteur privé. Les fonctionnaires, selon leur secteur d'appartenance, dépendent de régimes variés tels que celui de la fonction publique d'État (FPE), géré par le Service des retraites de l'État (SRE), ou celui de la fonction publique territoriale et hospitalière, régi par la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL).
À l'inverse, les salariés du privé relèvent d'un régime général de retraite, accompagné d'une complémentaire (Agirc-Arrco) et, pour certains, de régimes spécifiques à leur profession. Tandis que les fonctionnaires cotisent également à la Retraite complémentaire du régime de retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP).
Les modes de calcul des pensions de retraite diffèrent considérablement entre le public et le privé, même si des ajustements ont été réalisés ces dernières décennies. Cette diversité génère souvent l'idée que les fonctionnaires bénéficient d'une retraite plus avantageuse. Mais qu'en est-il vraiment ?
Les chiffres clés : que disent les montants de retraite ?
Selon les dernières données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), la pension de retraite mensuelle moyenne, tous régimes confondus, s'élève à 1 429 euros en France (hors majoration pour enfants). Ce chiffre représente environ 62 % du revenu d'activité net moyen.
En analysant les chiffres, il apparaît que la pension mensuelle brute d'un fonctionnaire de la fonction publique d'État s'élève à 2 088 euros, soit près de 1,5 fois plus que la moyenne des retraités. En revanche, les agents de la fonction publique territoriale et hospitalière bénéficient d'une retraite de 1 322 euros, tandis que dans le secteur privé, la pension de base atteint seulement 681 euros, complétée par une retraite complémentaire Agirc-Arrco, pour un total de 1 160 euros.
Divergences et méthodologie de calcul : décryptage
Les différences observées entre les montants de retraite des fonctionnaires et des salariés du privé reposent principalement sur la méthodologie de calcul. Ainsi, pour un départ à la retraite au taux plein, le taux de liquidation dans le privé est de 50 % du salaire de référence, constitué par la moyenne des 25 meilleures années de salaires, hors année de liquidation. Par contraste, pour les fonctionnaires, le taux de liquidation atteint 75 %, basé sur les traitements des 6 derniers mois.
Il est important de noter que la rémunération des fonctionnaires, bien que calculée sur leurs 6 derniers mois, exclut les primes et indemnités, qui représentent environ un cinquième de leur rémunération. Dans le secteur privé, l'intégration des primes dans le calcul de la retraite est une norme.
Aperçu des inégalités : vers une réelle disparité ?
Bien que les différences dans les calculs puissent faire croire à un avantage pour les fonctionnaires, le système privé, avec son régime de retraite complémentaire obligatoire, compense largement. Les études montrent aussi que la rémunération des fonctionnaires est souvent inférieure à celle de leurs homologues dans le privé. Par exemple, pour un temps plein, les fonctionnaires perçoivent en moyenne 2 380 euros net par mois contre 2 520 euros pour les salariés du privé.
Une recherche de la Drees datant de 2022 a tenté d'évaluer les pensions de retraite en simulant une application des règles privées pour les fonctionnaires. Les résultats, bien que prudents, indiquent que 62 % des agents publics en bénéficieraient, tandis que 32 % seraient désavantagés. Cela montre que ceux avec des retraites les plus élevées pourraient éviter des pertes, tandis que les classements intermédiaires seraient favorisés.
Si l'on se base sur ces études, la pension moyenne des fonctionnaires, application des règles du privé à l'appui, pourrait ne diverger que de 1,5 %, révélant que les inégalités entre secteurs ne sont pas aussi notables que souvent perçues.







