Une taxe de 2 € par colis venu de l’étranger
Dès 2026, chaque colis d’une valeur inférieure à 150 € en provenance d’un pays hors de l’Union européenne pourrait être soumis à une taxe forfaitaire de 2 €. Initiée par la Commission européenne avec le soutien de la France, cette mesure ne sera pas directement réglée par les consommateurs, mais par les plateformes d’e-commerce. Néanmoins, il est évident que ce surcoût sera répercuté sur les prix ou les frais d'expédition, impactant ainsi le montant final supporté par l’acheteur.
Cette initiative vise à établir une équité entre les produits commercialisés en Europe, assujettis à la TVA et aux droits de douane, et ceux importés directement d’Asie, qui profitent actuellement d’un seuil d’exonération de 150 €.
Pourquoi l’Europe agit maintenant
Les derniers chiffres révèlent une réalité préoccupante : en 2024, près de 4,6 milliards de petits colis ont été livré dans l’Union européenne, dont plus de 90 % provenaient de Chine. Ce flux considérable de commandes à prix réduits compromet la capacité des services douaniers, échappe en grande partie à l’imposition, et met en péril les commerçants locaux.
Les petits colis importés, souvent déclarés à des valeurs minimales, échappent aux radars fiscaux. Pendant ce temps, les commerçants européens se voient contraints de régler la TVA, ainsi que divers frais dès le premier euro. De nombreux acteurs du secteur dénoncent ainsi une concurrence déloyale.
Ce que cela va changer pour vous, concrètement
Bien que cette taxe soit officiellement à la charge des plateformes d’e-commerce, elle sera inévitablement intégrée aux frais de traitement, d’emballage et de livraison. Voici ce à quoi les consommateurs peuvent s’attendre :
- Une augmentation de quelques euros sur chaque commande
- Des frais fixes d’importation lors de la validation du panier
- La disparition des frais de port gratuits pour les petites commandes
- Une hausse générale des prix d’appel, surtout pour les articles les moins chers
La taxe va inévitablement avoir un impact significatif sur les produits à bas prix, car ses effets seront proportionnellement plus marquants pour ces derniers.
Une première étape avant une réforme plus large
Cette taxe représente une première étape dans un projet d’envergure : la révision complète de l’Union douanière, prévue pour 2028. L’objectif visé est de mettre fin à l’exonération de TVA sur les colis de moins de 150 €, de renforcer le suivi des envois, et de transférer une partie des contrôles fiscaux vers les plateformes elles-mêmes.
Des entreprises comme Shein, Temu et AliExpress devront alors s’adapter à un cadre réglementaire plus strict, où chaque envoi sera soumis à déclaration et à des taxes équivalentes à celles d'une importation commerciale classique.
Pour les retailers européens, cette réforme est perçue comme une opportunité : elle vise à rétablir un certain équilibre fiscal, tout en favorisant une consommation locale et durable. Toutefois, pour les consommateurs, surtout les jeunes et les ménages à faible revenu, cette mesure pourrait signifier la fin de l’illusion d’un ‘‘tout à 2 €’’ livré directement chez soi.
L’ensemble du paradigme du e-commerce ultra-low cost est mis en question. Si le prix de certaines habitudes d’achat grimpe, l’Europe espère que cela incitera les consommateurs à se tourner vers des solutions d'achat plus responsables, voire vers le marché local.







