La cétoine grise (Oxythyrea funesta) est un coléoptère dont la notoriété est bien inférieure à celle de la cétoine dorée (Cetonia aurata), prisée des jardiniers pour son rôle bénéfique dans le compost. Cependant, son apparence moins flamboyante, souvent qualifiée de « cétoine funeste » ou « drap mortuaire », mérite une attention particulière.
Fiche d’identité de la cétoine grise
Appartenant à la famille des Cétonidés, la cétoine grise arbore un corps noir brillant, parfois aux reflets bronze, parsemé de taches blanches. Mesurant entre 8 et 10 mm, son thorax présente souvent deux séries de taches blanches longitudinales. De plus, des poils blancs couvrent ses côtés, particulièrement lorsque l'insecte est jeune.
La distinction entre mâles et femelles repose sur les taches blanches : les mâles en possèdent 4 à 6 sur la face ventrale de l'abdomen et d'autres sur les élytres, alors que les femelles affichent un abdomen noir et bombé. Notons également que la cétoine grise possède 2 épines sur son tibia antérieur, contrairement à la cétoine hirsute qui en a 3. Un vol caractéristique, ressemblant à celui d'une abeille, peut tromper l'oreille des observateurs.
Après l'accouplement, la femelle privilégie le sol humifère pour pondre ses œufs. Les larves, pouvant atteindre 3 cm, y restent jusqu'au printemps suivant. Elles se nourrissent de matière organique et participent à sa décomposition, rejoignant le cycle naturel en se métamorphosant en nymphe avant de devenir adultes.
Actives essentiellement d'avril à août, ces cétoines se nourrissent de pollen et nectar, appréciant particulièrement les Rosacées, mais aussi les agrumes et diverses fleurs comme les pissenlits ou les marguerites. Elles fréquentent les friches, parcs et jardins, surtout dans le bassin méditerranéen.
La cétoine grise : un fléau pour le jardin
Son régime alimentaire, axé sur les organes reproducteurs des plantes, engendre des ravages notables dans les jardins et vergers. Après son passage, les fleurs semblent grignotées jusqu’au cœur. Le seul prédateur naturel, la guêpe scolie hirsute (Scolia hirta), est en déclin, permettant à la cétoine grise de proliférer sans entrave.
Aucun insecticide n'est efficace contre ce ravageur, et les traitements chimiques nuisent à l'environnement. Bien que le purin de fougère puisse avoir un effet répulsif, la meilleure solution reste la capture. Ce coléoptère, peu farouche, se laisse facilement prendre, surtout le matin, lorsqu'il est particulièrement actif sur les fleurs blanches qu'il affectionne.







