Une violence nouvelle a éclaté en République démocratique du Congo (RDC). Lors d'une attaque menée par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliés à l'État islamique, des sites miniers dans la province de l’Ituri ont été touchés, entraînant la mort de plusieurs personnes, selon un communiqué officiel du gouvernement, daté du 15 mars.
L'est de la RDC demeure englué dans une violence perpétuelle depuis plus de trois décennies, avec la multitude de groupes armés opérant dans la région. Les ADF, dont les origines remontent aux anciens rebelles ougandais, ont intensifié leurs actions de massacres et de pillages, ciblant particulièrement les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Des observateurs notent que ces attaques se multipliant se nourrissent d’un climat d'impunité croissant.
Dans la nuit du mercredi au jeudi, les ADF ont frappé des sites miniers à proximité de Muchacha, selon un communiqué du gouvernement. « Cette attaque, revendiquée par l’État islamique, a causé plusieurs pertes humaines, détruit des infrastructures et provoqué un afflux massif de populations civiles déplacées, » a déclaré le communiqué.
Embuscade meurtrière
Le colonel Matadi Muyapandi, administrateur policier du territoire de Mambasa, a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) que « d'importantes activités aurifères » prospéraient autour de Muchacha, qui abrite également un fort enjeu minier exploité par des entreprises chinoises. « Nous suspectons que les rebelles ADF, soutenus par des éléments Maï-Maï, sont à l'origine de cette attaque, » a-t-il affirmé. Il a ajouté que plusieurs militaires déployés pour contrer les assaillants ont été surpris dans une embuscade, faisant sept blessés parmi leurs rangs.
John Vuleveryo, responsable d'une ONG locale, a rapporté à l'AFP que « deux corps de civils ont été retrouvés, mais le bilan pourrait s'alourdir en raison des difficultés d'accès à la zone. Plusieurs personnes auraient également été enlevées. Les ressortissants chinois travaillant à Muchacha se sont évaporés vers Bandengaido, » a-t-il déclaré.
Depuis 2021, une opération conjointe entre l'armée ougandaise et l'armée congolaise, baptisée « Shujaa, » a été lancée afin de contrecarrer la menace des ADF dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Toutefois, malgré ces efforts, les violences continuent de proliférer sans relâche, révélant l’ampleur du défi sécuritaire dans la région.







