Tout de même, se faire jeter dehors par un froid de gueux…
Imaginez un instant la scène : il fait glacé, les rues de Paris se dépouillent de leurs feuilles, et pourtant, vous voilà. À l'extérieur, cette affiche du Petit Verdot, un restaurant réputé, scintille à distance. Réservation confirmée, l'espoir de plonger dans un repas savoureux palpite. Mais voilà, à l'arrivée de mon ami, c’est la bousculade. "Dehors, monsieur !" annonce le patron, un quiproquo sur l'identité ayant suffi à déclencher un affrontement inattendu. Mon camarade, perplexe, se retrouve sur le pavé tandis que la porte se ferme avec fracas. Quelle frustration !
Pourtant, il n'y a pas de quoi se laisser abattre, car non loin de là, la Marlotte, ce bistrot accueillant, me sauve la mise. Un saint-joseph, un boudin noir et un crémet plus tard, je ressens le besoin de braver à nouveau le Petit Verdot avec un plan méticuleux. Nouvelle réservation effectuée sous un faux nom, et accompagné de ma remise en beauté, j'expérimente une entrée discrète mais déterminée. Ce coup-ci, le patron adopte une attitude bienveillante, et le repas commence dans une ambiance chaleureuse. Un feuilleté d'aubergines ravi nos papilles avant que le chef, Yoshinori Morie, ne se démarque en cuisine avec ses plats délicats.
Le propriétaire, Hide Ishizuka, se révèle être un personnage atypique. En dépit de la réputation que les critiques peuvent lui prêter, il semble préférer la simplicité et l’intimité. Ce restaurant n’est pas juste un lieu où l’on mange, mais plutôt un sanctuaire culinaire où l’on doit se plonger avec respect. En sortant, nous avons encore regardé la devanture de cette perle gastronomique, le Petit Verdot, pour bien nous convaincre qu'elle n'était pas le fruit de notre imagination. Vivez l'expérience au 75, rue du Cherche-Midi, 75006, avec une mise à table aux alentours de 50 €.







