Une étude britannique suggère que l'augmentation de l'apport en fibres pourrait jouer un rôle crucial dans la promotion d'un microbiome intestinal protecteur, limitant ainsi la croissance de bactéries pathogènes.
Le microbiome intestinal, constitué d'une multitude de microorganismes, entraîne des interactions essentielles pour notre santé globale. Parmi ces organismes, les Enterobacteriaceae, qui se trouvent en petites quantités dans un intestin sain, peuvent devenir problématiques en cas d'inflammation ou à la suite de la consommation d'aliments contaminés. Une prolifération excessive de ces bactéries peut alors engendrer des risques pour notre santé.
Cette recherche, récemment publiée dans Nature Microbiology, met en lumière les mécanismes de protection contre ces bactéries et les stratégies pour diminuer le risque d'infection.
Les fibres, alliées contre les infections bactériennes
Les scientifiques ont identifié 135 espèces de microbes intestinaux capables de lutter contre les infections à Enterobacteriaceae. Parmi eux, des bactéries du genre Faecalibacterium, connues pour leur capacité à dégrader les fibres alimentaires, produisent des acides gras à chaîne courte qui créent un environnement défavorable aux agents pathogènes.
Le Dr Alexandre Almeida, chercheur à l'université de Cambridge et auteur principal de l'étude, affirme : "Une alimentation riche en fibres provenant de légumes, haricots et céréales complètes fournit les éléments nécessaires à nos bactéries intestinales, favorisant la production d'acides gras protecteurs."
A l'inverse, les probiotiques n'auraient qu'un impact limité sur la prévention des infections causées par ces bactéries. En effet, ces suppléments ne parviennent pas à modifier de manière significative l'environnement intestinal.
Face à l'accroissement mondial de la résistance aux antibiotiques, la prévention des infections devient essentielle. Des bactéries comme Klebsiella pneumoniae sont responsables de maladies graves telles que la pneumonie et la méningite. Le Dr Almeida souligne : "Mieux vaut prévenir que guérir : nous devons créer un environnement intestinal peu propice à la prolifération de ces agents pathogènes."
Beyond simple competition: understanding microbial interactions
Les chercheurs ont également remis en question certaines théories précédemment établies à partir d'études sur des souris. Ils ont démontré que 172 espèces de microbes peuvent coexister avec les Enterobacteriaceae pathogènes, partageant souvent des besoins nutritionnels communs, compliquant ainsi leur élimination.
Le Dr Qi Yin, chercheur à l'université de Cambridge, déclare : "Ces découvertes mettent en avant l'importance d'étudier les pathogènes non pas comme des entités isolées, mais plutôt dans le cadre de leur microbiome intestinal."







