Dans un monde maréchaussé par la pandémie, la santé mentale est souvent mise à rude épreuve par des sentiments dépressifs et un stress omniprésent. Pourtant, une solution simple et naturelle émerge : le jardinage. Bien que chacun vivote cette période différemment, le lien entre l’homme et la nature s'avère être un puissant allié pour surmonter ces défis.
cultiver notre jardin, une sagesse intemporelle
Depuis les réflexions de Voltaire, qui prônait l'idée de "cultiver notre jardin", les bienfaits du jardinage sont bien documentés. Le neurologue et écrivain Oliver Sacks a également souligné que "les jardins et la nature surpassent souvent les traitements médicaux classiques". Actuellement, la psychiatre Sue Stuart-Smith, dans son ouvrage L'Equilibre du jardinier*, met en avant les effets thérapeutiques du jardinage, actif à la Tavistock Clinic de Londres, où elle analyse les effets bénéfiques de cette pratique sur la santé mentale. Passionnée de jardinage, elle partage son expérience dans le Barn Garden qu'elle a créé avec son époux, un paysagiste, dont l'expertise enrichit ses observations.
les bienfaits incontournables du jardinage sur la santé
Il est vrai que tous n’ont pas la chance de posséder un jardin, mais la pratique du jardinage peut se décliner sous plusieurs formes. Que ce soit des pots sur un balcon ou des jardinières sur un rebord de fenêtre, l’engagement envers les plantes encourage la connexion avec soi et autrui. Les effets thérapeutiques du jardinage sont nombreux et souvent sous-estimés. De nombreuses études indiquent que des projets de jardinage en milieu carcéral réduisent les récidives, que les adolescents en difficulté y trouvent des repères, et que les personnes aînées constatent une amélioration de leur bien-être physique et mental. La reconnexion à la nature, en plein cœur des villes de plus en plus végétalisées, prend ainsi tout son sens.
Par ailleurs, face à un environnement en déclin à cause de la surconsommation et de l’industrialisation, les tendances vers un mode de vie plus sobre se dessinent. Le retour à la campagne pour certains, ainsi que l'émergence de jardins partagés, illustrent ce désir de réhabilitation du contact avec la terre. Sue Stuart-Smith note également que ces initiatives communautaires engendrent moins d’incivilité.
En temps de guerre, le jardinage a également servi de source de résilience et de moral. Les soldats de la Première Guerre mondiale ont trouvé dans la création de jardins un moyen de survivre face à la désolation. Jardiner, c’est composer avec les cycles de la vie, entre naissance et deuil.
Enfin, offrir des fleurs pour apporter du réconfort est une tradition précieuse, mais il devient difficile de les introduire dans des établissements de soins à cause des risques d’infections. Les espaces médicaux, souvent stériles et inhospitaliers, pourraient bénéficier d’un peu de verdure, facilitant ainsi une récupération plus rapide pour les patients.
L’ouvrage de Sue Stuart-Smith, à la fois accessible et enrichissant, renforce cette conviction que le jardinage constitue un remède qui nous ancre à la réalité, nous éloignant des bulles virtuelles et nourrissant nos besoins affectifs, spirituels et cognitifs.
* Éditions Albin Michel – 352 pages – 5 mai 2021 – 21,90 €







