La Banque centrale européenne (BCE) a choisi de laisser son principal taux directeur à 2 %, malgré une inflation qui continue de grimper dans la zone euro, en grande partie à cause de la tendance haussière des prix de l'énergie alimentée par le conflit au Moyen-Orient.
Les dernières données publiées ce jeudi coïncident avec la réunion de politique monétaire de la BCE : l'inflation a nettement augmenté en avril, atteignant 3 %, son plus haut niveau depuis septembre 2023, après avoir enregistré 2,6 % en mars, selon les chiffres d’Eurostat.
Par ailleurs, l'Office statistique a révélé une croissance économique presque stagnante (0,1 %) pour le premier trimestre dans la région, contredisant les prévisions optimistes des économistes.
La fermeture du détroit d'Ormuz a provoqué une flambée des prix de l'énergie, créant une inquiétude face à l'inflation, bien que les pires scénarios envisagés par la BCE ne se soient pas encore matérialisés. Un contexte préoccupant s’installe alors que la croissance économique manifeste des signes d’essoufflement.
Les Fed et BoE sur la même ligne
Les attentes d'inflation parmi les ménages ont grimpé à 4 % en mars, contre 2,5 % en février, souligne une enquête de la BCE. En revanche, les anticipations à cinq ans restent presque stables et proches de l'objectif de 2 % de la BCE.
Aux États-Unis, la Réserve fédérale (Fed) a aussi décidé de garder ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %, à l'affût des répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient. Même constat pour la Banque d'Angleterre (BoE), qui a laissé son taux principal à 3,75 %, tout en abaissant ses prévisions de croissance économique pour le Royaume-Uni. James Smith, analyste chez ING, note que la BoE est prête à agir mais que le contexte économique délicat impose des réserves à court terme.
Pour la zone euro, des hausses sont attendues en juin, notamment avec la publication de nouvelles projections économiques plus précises relatives à l'impact du conflit en cours. Plus la situation avec l'Iran s'éternise, plus les prix élevés de l'énergie pourraient s'étendre à des secteurs clés tels que les semi-conducteurs ou les matières plastiques, selon les inquiétudes exprimées par la BCE.







