À Tours, la construction imminente d'un centre d'hébergement d'urgence dans le quartier Paul-Bert suscite des interrogations parmi les habitants. Lors d'une réunion publique tenue le 30 avril, une quarantaine de riverains se sont exprimés sur leurs réserves concernant la gestion future du site.
Ce centre devrait accueillir des personnes actuellement logées à la Maison internationale populaire de Tours, qui vont être évacuées des casernes Beaumont. De nombreux habitants souhaitent des garanties sur la gestion quotidienne du lieu une fois ouvert. Les avis sont partagés, certains demandent une approche professionnelle pour garantir la bonne marche du site.
Une gestion professionnelle, loin du tout-bénévolat
Dans la discussion qui a duré une heure et demie, certains habitants ont exprimé leur soutien à l’accueil des femmes seules et des familles. Delphine, enseignante dans le secteur, affirme : "Nous avons déjà hébergé des familles dans nos écoles et c'est inacceptable de laisser des enfants sans domicile." Toutefois, elle ressent un flou dans l'organisation du projet.
Christine, une autre riveraine, partage son avis : "Je pensais que le CCAS gérerait Beausite, mais maintenant je ne le sais plus. Je ne suis pas à l'aise avec l'idée que des bénévoles de l'association Cabanes s'occupent de l'endroit. Je pense qu'il faudrait des professionnels au début pour encadrer tout cela.”
Une ouverture prévue pour la rentrée
Initialement prévue pour le printemps, l’ouverture du centre pourrait finalement avoir lieu à la rentrée, ce qui a provoqué des réactions vives dans l’auditoire. Maud, membre du collectif "Bien vivre à Beausite", a exprimé sa frustration. "On ne peut pas ouvrir un site sans que tout soit organisé; cela risque de mal se terminer si l'accueil n'est pas bien encadré. Pour nous, un gardien 24 heures sur 24 est impératif," déclare-t-elle.
Une autre réunion publique est d’ores et déjà planifiée pour le 19 mai. L'adjointe au logement, Marie Quinton, admet que des réponses concernant l'organisation du centre pourraient encore manquer. "L'association Cabanes jouera un rôle, mais sous la supervision du CCAS," assure-t-elle. Elle ajoute que les habitants souhaitent rencontrer des experts de différentes associations pour avancer sur ces questions.
Les travaux, estimés à 1,4 million d'euros, attendent encore d’être lancés. Le financement est partagé entre la ville de Tours et la métropole, qui prend également en charge le loyer et la maintenance des installations.







