À la mi-juin, la Banque de France devrait réviser ses prévisions de croissance, les abaisant suite à l'annonce de l'Insee indiquant un recul de 0,1 % du produit intérieur brut (PIB) français lors du premier trimestre. François Villeroy de Galhau, gouverneur de l'institution, a évoqué ces changements sur Radio Classique lundi.
"Il existe plusieurs scénarios, mais nous devrons faire une révision à la baisse de nos prévisions de croissance en raison des mauvais résultats du premier trimestre", a-t-il déclaré.
M. Villeroy de Galhau reste optimiste, affirmant que la majorité des scénarios prévoient encore une croissance positive. Néanmoins, il a exprimé des préoccupations concernant l'incertitude entourant le conflit au Moyen-Orient et son impact sur les prix du pétrole. Ainsi, le gouverneur a mis en lumière un ralentissement des exportations et de la demande intérieure, englobant la consommation des ménages et les investissements.
En mai, le Fonds monétaire international (FMI) avait anticipé une baisse similaire des prévisions de croissance pour la France, passant de 0,9 % à 0,7 %.
La crainte d'une récession
Selon l'Insee, le PIB français a chuté de 0,1 % au premier trimestre par rapport à la fin de 2025, et ce mal est aggravé par la hausse des prix de l'énergie, conséquence directe de la guerre au Moyen-Orient. Les perturbations liées à cette guerre pèsent sur la consommation et le commerce extérieur, mettant ainsi l'économie française à rude épreuve.
Encompassant ces enjeux économiques, l'inflation continue de progresser, atteignant 2,4 % en mai, suite à une augmentation des coûts énergétiques de 16,8 % par rapport à l'année dernière. Ces hausses considérables risquent de peser fortement sur le pouvoir d'achat des Français, une composante clé de la croissance économique.
Les chiffres de consommation pour avril n'annoncent également rien de bon, montrant une baisse aussi bien mensuelle (-0,5 %) qu'annuelle (-0,4 %). Ces données ravivent les craintes d'entrée dans une récession technique, définie par deux trimestres consécutifs de contraction du PIB. Cependant, des experts de l'Insee maintiennent que cela n'est pas le scénario le plus probable à court terme.
"Le plus probable à ce stade n'est pas un repli supplémentaire du PIB au deuxième trimestre", a averti un responsable de l'Insee, tout en tenant compte d'éventuels chocs économiques futurs.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a également témoigné d'une vigilance sans céder à la panique, malgré les voix alarmistes évoquant une récession imminente.







