Les ministres des Finances des pays membres du G7 se réunissent ce lundi sous la présidence française, avec à l'ordre du jour une réflexion sur l'utilisation des réserves stratégiques de pétrole, en réponse à la récente flambée des prix liée à la guerre au Moyen-Orient.
En voyage vers Chypre, le président Emmanuel Macron a déclaré aux journalistes que "l'utilisation des réserves stratégiques est une option à considérer". Il a également précisé qu'une coordination entre les chefs d'État et de gouvernement du G7 sur les questions énergétiques serait examinée cette semaine.
La visioconférence, qui débutera à 13h30 (heure française), rassemblera les représentants des sept économies avancées : États-Unis, Japon, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne et Italie. Le ministère français de l'Économie a indiqué que la réunion devrait durer environ une heure.
Le prix du pétrole a rapidement augmenté, atteignant près de 120 dollars le baril en raison des tensions géopolitiques et du blocus du détroit d'Ormuz, palliant à une chute des marchés boursiers et ravivant les inquiétudes concernant une possible nouvelle crise inflationniste. Cependant, la hausse des prix a été limitée après l'annonce de la réunion du G7 : vers 08 h 25 GMT, le prix du baril de Brent a atteint 107,69 dollars, tandis que le WTI a grimpé à 103,64 dollars, selon les dernières données.
La France, qui assure la présidence tournante du G7, avait annoncé cette réunion des grands argentiers et des banquiers centraux, cherchant à recueillir les avis des entreprises et économistes sur le terrain. Roland Lescure, ministre de l'Économie et des Finances, a souligné l'importance de "recueillir des retours" des différentes régions du monde pour évaluer les mesures à envisager face à ce contexte de guerre.
Conformément aux directives de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), les membres doivent maintenir des réserves équivalentes à au moins 90 jours d'importations nettes de pétrole. La France possède actuellement 118 jours de stocks, a précisé le ministère de l'Économie.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a mis en garde contre une réaction prématurée aux augmentations des prix des hydrocarbures, évoquant la possibilité que cette hausse soit temporaire. Cependant, les appréhensions subsistent face aux perturbations d'approvisionnement causées par les récentes escalades militaires dans le détroit stratégique d'Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial.
Les pays membres du G7 devront naviguer entre des intérêts divergents; alors que les pays européens, ainsi que le Japon et le Canada, cherchent des solutions, les États-Unis semblent avoir des priorités différentes. Des pays asiatiques, tels que la Birmanie et le Bangladesh, ont déjà débuté des mesures restrictives face à l’augmentation inquiétante des tarifs énergétiques.
Bien que les tensions militaires entre Israël, les États-Unis, et l'Iran se poursuivent, la discussion sur d'éventuelles sanctions sur le pétrole russe pour augmenter l'offre reste en toile de fond, comme l'a suggéré Scott Bessent, le secrétaire américain au Trésor. Alors que la guerre est désormais au septième jour, les frappes israéliennes continuent de s’intensifier sur les infrastructures pétrolières iraniennes, provoquant des inquiétudes sur une possible escalade encore plus préoccupante dans la région.
La menace d'une flambée des prix, dépassant les 200 dollars le baril, continue de planer, rendant la position du G7 cruciale dans ce contexte de crise.
Cette réunion, qui fait suite à une première visioconférence en janvier, sera suivie d'une autre rencontre prévue pour les 18 et 19 mai à Paris.







