L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a récemment suggéré à ses membres de puiser dans leurs réserves stratégiques, en recommandant un déblocage sans précédent de 400 millions de barils de pétrole. Cette décision fait suite à l'augmentation des prix due au conflit en cours au Moyen-Orient, selon des informations rapportées par des sources proches des débats, cités par Reuters.
Les premières libérations pourraient dépasser 100 millions de barils dès le premier mois suivant l'approbation de ces recommandations, selon les experts. La ministre espagnole de l'Énergie, Sara Aagesen, a souligné que ce volume serait plus du double de ce qui avait été décidé lors de l'invasion de l'Ukraine, où l'AIE avait alors voté pour débloquer 182 millions de barils.
À cette occasion, il est essentiel de noter que l'AIE a été fondée en 1974, à la suite du premier choc pétrolier, sous l'égide de l'OCDE. Les décideurs politiques des pays membres doivent se prononcer unanimement sur cette recommandation, comme l'a rappelé Aagesen, en précisant qu'ils disposent d'un délai de 90 jours pour agir. "C'est une proposition volontaire de chaque État", a-t-elle déclaré.
La Chine et l'Inde également sollicitées par l'AIE
Emmanuel Macron présidera ce mercredi une réunion des chefs d'État et de gouvernement du G7, dont la France tient la présidence cette année. Les ministres de l'Énergie du G7, réunis en visioconférence, ont adopté une position de soutien, bien que sans engagement ferme. Ils ont déclaré dans un communiqué qu'ils soutenaient l'idée d'utiliser des réserves stratégiques pour lutter contre cette crise : "Les membres du G7 étudieront minutieusement les recommandations de l'AIE".
"Nous soutenons en principe l'idée de mesures proactives, y compris l'utilisation des réserves stratégiques", ont indiqué les ministres.
En effet, un représentant du G7 a mentionné que si la situation actuelle ne ressemble pas immédiatement à une pénurie, les tensions sur les prix demeurent hautement préoccupantes. "Il ne faut pas laisser les choses suivre leur cours", a-t-il averti. Il est également possible que des pays comme la Chine et l'Inde soient appelés à participer à ces efforts.
Des cours du brut de nouveau à la hausse
Actuellement, les membres de l'AIE détiennent plus de 1,2 milliard de barils de stocks d'urgence, en plus des 600 millions de barils sous contrôle des entreprises agréées par l'État, comme l'a noté Fatih Birol, directeur exécutif de l'agence.
Aujourd'hui, les marchés pétroliers affichent de nouveau une tendance à la hausse. À 11h05, le baril de Brent était évalué à 92,87 dollars, soit une augmentation de 5,7 %, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) augmentait de son côté de 6,5 %, atteignant 88,86 dollars. Ces valeurs sont au plus haut depuis 2022, lorsque le baril avait atteint des sommets inédits.
"En fournissant un message clair, même si le détroit d'Ormuz ne peut pas être rouvert bientôt, des alternatives existent", a déclaré Roland Lescure, le ministre français de l’Économie.







