La Bourse de Paris a connu une nouvelle baisse ce mercredi, victime de l'incertitude entourant la lutte au Moyen-Orient et la montée en flèche des prix des hydrocarbures, après une légère reprise la veille.
Vers 09H50 (heure de Paris), l'indice CAC 40 affichait une perte de 0,85%, se chiffrant à 7.987,31 points, soit un recul de 65,30 points.
"L'incertitude persiste", souligne l'équipe d'analystes de Natixis.
Depuis environ dix jours, les marchés sont marqués par les événements tragiques au Moyen-Orient, amorcés par les frappes israélo-américaines sur l'Iran, suivies des ripostes de Téhéran envers plusieurs nations de la région.
Mardi, le CAC 40 avait connu un rebond de 1,79%, après plusieurs séances en baisse, suite à des déclarations du président américain Donald Trump affirmant que le conflit était "quasiment" terminé, ce qui avait entraîné une chute des prix du pétrole.
Depuis le début des hostilités, le cours du brut a grimpé, atteignant près de 120 dollars le baril en début de semaine avant de retomber sous 90 dollars, en raison des perturbations dans le détroit d'Ormuz, point de passage de 20% de la production pétrolière mondiale.
"Les événements qui touchent à la guerre en Iran continuent de s'accélérer et restent particulièrement difficiles à prédire", note Andreas Lipkow, analyste chez CMC Market.
Les marchés sont dans l'attente d'annonces de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui pourrait suggérer un recours massif aux réserves stratégiques de pétrole pour tenter d'endiguer la hausse des prix, comme mentionné par le Wall Street Journal.
Une visioconférence des chefs d'État du G7 prévue ce mercredi devrait aborder la question des stocks stratégiques, comme l'a déjà prévu le ministre de l'économie, Roland Lescure.
Les taux d'intérêt en hausse
Un autre signe de tensions persistantes : les taux d'intérêt des dettes souveraines en Europe sont de nouveau à la hausse, en réaction aux inquiétudes d'un rebond de l'inflation sur le continent suite à l'escalade des prix de l'énergie.
À 09H50 GMT, le taux d'intérêt à dix ans de la dette française s'élevait à 3,51%, en hausse par rapport à 3,44% à la clôture précédente. Avant l'éclatement du conflit en Iran, il était aproximativement à 3,20%.
De son côté, le taux d'intérêt allemand, souvent considéré comme référence en Europe, s'établissait à 2,88%, contre 2,83% mardi soir.
Une inflation plus élevée diminue la valeur des paiements effectués par les emprunteurs, entraînant une exigence de taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte. La Banque centrale européenne (BCE) se voit ainsi davantage contrainte d'adopter une politique monétaire restrictive, en prenant soin d'éviter des baisses de taux.
Christine Lagarde, président de la BCE, a précisé mardi que l'institution monétaire ferait tout ce qui est "nécessaire" pour maintenir l'inflation sous contrôle face à l'augmentation des prix énergétiques.
Eurazeo confronté à des difficultés
La société d'investissement Eurazeo a annoncé une perte de 403 millions d'euros pour l'année 2025, un chiffre légèrement inférieur à celui de l'année précédente. Cette perte est attribuée à la dévaloration du dollar, malgré un niveau de collecte record, a-t-elle informé mercredi.
Son action a chuté de 4,40%, se chiffrant à 42,98 euros à Paris.







