Dans un contexte de tension mondiale, le Japon et l'Allemagne ont annoncé mercredi un déblocage immédiat de leurs réserves stratégiques de pétrole, en réponse à la montée des prix provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Cette décision survient avant une réunion des dirigeants du G7, rassemblant les plus grandes puissances économiques, qui se tiendra dans l'après-midi afin d'évaluer les impacts économiques de cette crise.
Le ministre français de l'Économie, Roland Lescure, a souligné que ces annonces étaient le reflet d'une collaboration étroite entre les membres du G7, et a laissé entendre qu'une initiative collective pourrait émerger lors de la visioconférence prévue, animée par Emmanuel Macron. Ce sommet représente une occasion cruciale pour aborder les enjeux économiques liés à la guerre, notamment ceux concernant l'énergie.
Le conflit a été exacerbé par les récentes frappes israélo-américaines sur l'Iran, déclenchées le 28 février, entraînant des représailles iraniennes et la fermeture effective du détroit d'Ormuz, un point névralgique pour le transport du pétrole. Cette situation a contribué à faire grimper les prix du baril, impactant directement le coût du carburant pour les consommateurs.
La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a pris l'initiative en annonçant que Tokyo libérerait ses réserves dès lundi prochain, sans attendre une décision officielle de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Simultanément, la ministre allemande de l'Économie, Katherina Reiche, a évoqué la mise à disposition de certaines réserves, notant qu'il s'agissait d'une réponse aux exigences de l'AIE, qui a recommandé de libérer jusqu'à 400 millions de barils.
Un responsable français a précisé que l'objectif de cette approche coordonnée est de renforcer les signaux aux marchés financiers, soulignant qu'il n'existe pas une réelle pénurie de pétrole, mais plutôt un problème de tarification. Le président Macron, prenant les devants depuis dimanche, a cherché à mobiliser les pays pour exploiter collectivement les stocks stratégiques.
Lors de réunions préparatoires, il a été confirmé que les ministres de l'énergie du G7 sont prêts à appliquer « toutes les mesures nécessaires » pour stabiliser la situation, incluant le recours aux réserves stratégiques. Un rapport du Wall Street Journal évoque un recours « sans précédent » à ces réserves, impliquant potentiellement plus de 182 millions de barils mis à disposition par l'AIE en 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Les déclarations de Roland Lescure ont servi d'avertissement : sans une réouverture du détroit d'Ormuz, il faudra envisager des solutions alternatives pour assurer l'approvisionnement pétrolier mondial. Emmanuel Macron et d'autres leaders continuent de travailler sur des stratégies pour une réouverture future d'Ormuz, tout en admettant que cela reste incertain tant que le conflit perdure et provoque des hostilités incessantes.
Dans un climat de volatilité, les prix du brut ont montré une certaine fluctuation, atteignant presque 120 dollars le baril en début de semaine, pour ensuite redescendre, avant de connaître de nouveaux rebondissements.







