La réunion convoquée jeudi par le ministère de l'Économie avec les distributeurs de carburants s'est soldée par "aucune décision" concrète sur un éventuel encadrement des prix, tel que rapporté par un participant suivant une brève rencontre. Le temps d'une discussion de moins d'une heure, les responsables ont échangé, sans parvenir à un consensus sur la question urgente des prix à la pompe.
Mercredi, des discussions avaient eu lieu sur l'instauration possible d'un "plafonnement des marges" ou d'autres mesures visant à "lisser les variations des prix" des carburants, pour des millions de consommateurs affectés par une flambée des prix. Cet échange s'inscrit dans un contexte d'inquiétudes persistantes autour des coûts du gazole et de l'essence.
Francis Pousse, président du syndicat professionnel Mobilians, a déclaré : "On a évoqué plusieurs pistes, mais aucune décision n'est sortie de cette réunion sur le prix".
Des plafonnements annoncés
Les distributeurs, dont les marges sont notoriquement serrées, ont exprimé leur volonté de garder les prix sous contrôle. "C'est aux ministres de nous charger de modérer nos marges", a ajouté Pousse, alors que la communauté des distributeurs surveille de près les fluctuations des coûts des produits pétroliers.
Avant cette rencontre, le géant Totalenergies avait lancé une offre de plafonnement, promettant de maintenir le prix de l'essence à 1,99 euro le litre dans ses stations, et à 2,09 euros pour le gazole. D'autres acteurs de la grande distribution, à l'instar de Leclerc, avaient aussi annoncé des baisses significatives de prix, potentiellement de 30 centimes, dans les jours à venir.
La recette magique de Michel-Edouard Leclerc
Francis Pousse a exprimé son scepticisme face à ces baisses instantanées des prix, déclarant : "Je ne connais pas la recette magique de Michel-Edouard Leclerc pour abaisser le prix de 30 centimes". Il a souligné que, dans le cadre de l'économie de marché, une telle baisse pourrait nuire aux stations-service, particulièrement celles optant pour des pratiques commerciales soutenables.
Il a ajouté : "Eu égard à nos faibles marges, on ne peut pas se battre avec M. Leclerc sur une baisse de 30 centimes". Cela soulève des préoccupations, notamment pour les stations situées dans des zones rurales.
En introduction de la réunion, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a exprimé le désir de collaborer afin de minimiser l'impact de la crise actuelle sur les citoyens. Malgré les enjeux cruciaux abordés, les ministres n'ont pas pris la parole après la réunion, laissant un flou persister quant aux mesures futures.







