À quand une réduction des prix du carburant pour les automobilistes ? La promesse de plusieurs distributeurs d'alléger la facture des Français semble compromise, alors que le cours du pétrole recommence à grimper dans un contexte de tension au Moyen-Orient.
"Je ne connais pas (...) cette baguette magique qui permettrait de baisser les prix", a affirmé un représentant des distributeurs de carburants lors d'une réunion à Bercy. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a exprimé son souhait de limiter l'impact de ce conflit sur les consommateurs.
Cette rencontre a lieu suite aux recommandations du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a demandé à ses ministres des propositions pour protéger les consommateurs des fluctuations des prix.
Les craintes se sont accentuées avec une nouvelle hausse des cours du pétrole. Après une légère baisse, due aux déclarations optimistes de Donald Trump affirmant que la guerre en Iran touchait à sa fin, le prix du baril a de nouveau passé jeudi la barre des 100 dollars, en grande partie à cause de la fermeture du détroit d'Ormuz, crucial pour l'acheminement des hydrocarbures.
Malgré l'annonce de l'Agence internationale de l'Énergie (AIE) dégageant des réserves stratégiques, le prix du Brent, référence mondiale, s'élevait ce matin à 98,04 dollars, en hausse de 6,6 %.
Sébastien Lecornu a évoqué des mesures comme le plafonnement des marges et des mécanismes pour lisser les hausses et baisses des prix. Frédéric Plan, conseiller à la Fédération Française des Combustibles, a souligné la complexité de de tels mécanismes face aux marchés volatils.
Il a également critiqué l'idée d'un plafonnement uniforme des marges, soulignant qu'elle serait injuste pour les distributeurs à faible volume comparés à ceux du secteur de la grande distribution.
La réunion a rassemblé des représentants de diverses parties intéressées, en présence du ministre du Commerce Serge Papin et de la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Brégeon. Cette dernière a déjà discuté avec les acteurs du secteur agricole, affectés par la montée des prix des carburants non routiers.
Actuellement, le litre de SP95-E10 se situe à 1,871 euro en moyenne, tandis que le SP98 s’élève à 1,964 euro et le diesel à 2,032 euros. Ces prix fluctuants inquiètent de nombreux consommateurs.
Avant la réunion, TotalEnergies a déclaré vouloir maintenir son plafonnement des prix à 1,99 euro pour l'essence, mais a révisé ce plafond à la hausse pour le gazole.
Le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, a exprimé sa dépendance aux variations des cours, notant que la marge de distribution est historiquement faible. Il a cependant avoué que les prix des carburants devraient baisser sensiblement dans les jours à venir.
Parallèlement, Michel-Edouard Leclerc a prévu une baisse d'environ 30 centimes par litre d'ici vendredi, tout en mettant en garde contre des fluctuations incessantes dues à la conjoncture géopolitique.
"On espérait que les cours puissent diminuer progressivement, mais il semble que ça ne soit pas le cas", a conclu Frédéric Plan, désabusé par l'absence de solutions miracles face à cette crise.







