La situation des marchés boursiers européens
Au terme d'une semaine difficile marquée par des baisses notables, les bourses européennes ont clôturé vendredi sur des résultats en demi-teinte. Paris a vu son indice fléchir de 0,91%, tandis que Londres et Milan ont perdu respectivement 0,43% et 0,31%. À Francfort, la baisse a atteint 0,60%.
Du côté de Wall Street, la tendance n'était guère plus reluisante, avec les indices principaux affichant des pertes : le Dow Jones a reculé de 0,12%, tandis que le Nasdaq et l'indice composite S&P 500 ont chuté de 0,77% et 0,40% respectivement.
Une analyse des performances du mois de mars
En examinant les performances du mois de mars, il est à noter que les principaux indices européens affichent des baisses entre 5% et 7%. Bien qu'inquiétantes, ces baisses restent moins marquées comparées aux fluctuations observées sur le marché de la dette souveraine ou à la hausse des prix de l'énergie.
Les commentaires des analystes
Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, souligne que les investisseurs restent très attentifs aux développements liés au conflit en Iran, dont les répercussions sont significatives sur les prix de l'énergie. "La fuite vers des valeurs refuges se poursuit", note-t-il.
D'un autre côté, Andrea Tueni de Saxo Bank considère la situation actuelle comme "pas si catastrophique", mais souligne qu'elle pourrait se détériorer rapidement. Selon lui, les marchés américains montrent une résilience impressionnante malgré les turbulences.
Nicolas Bickel, responsable des investissements à la Banque privée Edmond de Rothschild, avance que tant que le conflit est perçu comme temporaire, l'impact sur les marchés boursiers pourrait rester limité.
Le pétrole en hausse
En ce qui concerne le marché pétrolier, le baril de Brent a franchi le seuil des 100 dollars, atteignant 101,01 dollars à la suite de l'incertitude géopolitique. Le WTI a également connu une légère augmentation, se situant à 97,51 dollars.
Bickel insiste sur le fait qu'un prix du pétrole au-delà de 100 dollars n'aurait probablement qu'un impact marginal sur la croissance mondiale, rappelant qu'il faut aujourd'hui quatre fois moins de pétrole pour générer un point de PIB qu'à l’époque des années 1970. Cependant, il avertit qu'un baril à 120 dollars pourrait engendrer une inflation variant entre 0,5 et 1%, susceptible d'influencer les cycles des taux d'intérêt.
En réponse à cette dynamique, Washington a autorisé jeudi la vente temporaire de pétrole russe, permettant aux nations désireuses de contourner les sanctions américaines.
Scott Bessent, ministre des Finances, a précisé que cette décision visait à enrichir l'offre globale sur le marché.
Attente des décisions des banques centrales
D'autre part, le taux d'emprunt allemand à 10 ans a atteint un niveau de 2,98%, son plus haut depuis fin 2023, tandis que le taux français a grimpé à 3,67%, un seuil jamais vu depuis 2011.
Les investisseurs dirigent désormais leur attention vers la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed), dont les réunions de la semaine prochaine seront surveillées de près. Andrea Tueni prédit qu’aucune décision significative concernant une hausse des taux ne sera attendue, indiquant que la Fed pourrait choisir de soutenir l'économie plutôt que de lutter activement contre l'inflation dans ce contexte tumultueux.







