Trois jours d'audience, 14 prévenus, dont certains sont en détention depuis près de deux ans. Ce lundi et jusqu'à mercredi, le tribunal correctionnel d'Amiens (Somme) se penche sur un dossier majeur concernant un réseau de trafic de drogue s'étendant sur plusieurs départements. "Ça va être un marathon," confie un avocat à ICI Picardie, insinuant la complexité de cette affaire où deux jours d'audience n'auraient pas été suffisants.
Ce dossier a été consolidé grâce à des opérations de grande envergure menées depuis avril 2024, impliquant une collaboration étroite entre forces de l'ordre et parquet. Les 14 prévenus, âgés de 20 à 46 ans, sont accusés d'appartenir à ce réseau "tentaculaire", selon les sources judiciaires. Les faits se situent entre septembre 2022 et avril 2024, avec un approvisionnement en provenance d'Amiens, Lille, et même la Belgique.
Des points de deal dispersés dans tout le territoire
Le réseau de trafic a d'abord été localisé à Étouvie, un quartier d'Amiens, avant de s'étendre vers la Somme et d'autres départements tels que le Nord et le Pas-de-Calais. Des repérages ont révélé des points de distribution à Corbie, Doullens et jusqu'à des villes comme Roubaix et Arras. Selon les enquêteurs, les revendeurs étaient souvent basés dans des appartements squattés, limitant les quantités de drogue en leur possession.
Les clients étaient ciblés via le réseau social Snapchat, utilisant des techniques de marketing agressives. Parfois, même des détenus en semi-liberté étaient approvisionnés grâce à ce système. L'Observateur souligne que la police a mobilisé des moyens considérables pour étayer l'enquête, notamment des écoutes téléphoniques et des témoins qui ont voulu collaborer.
Une organisation structurée
Au sein du réseau, les profils sont variés, du chef présumé de la bande, un Amiénois de 33 ans avec un lourd passé judiciaire, à plusieurs membres occupant des rôles spécifiques, d'après le récit d'une source policière. "C'est comme une petite entreprise," explique cette source, décrivant un organigramme où chaque membre avait sa fonction, from les stocks à la vente, en passant par le marketing social.
Amiens : un procès sans précédent
Ce procès devrait permettre de clarifier le rôle et l'implication de chacun des prévenus. Plusieurs défenseurs mettent en avant la précarité sociale de certains de leurs clients, attirés par le trafic pour subvenir à leurs besoins. "Mon client, héroïnomane, a été recruté ainsi," précise l'un d'eux.
Le tribunal d'Amiens a, face à lui, un dossier conséquent, rassemblant images, témoignages ainsi que des preuves matérielles. Les audiences débutent ce lundi à 9h et devraient s'étendre jusqu'à ce mercredi soir, marquant un tournant pour ces prévenus et pour la lutte contre le trafic de drogue en France.







