Fin 2024, une jeune femme, membre des pompiers volontaires de la caserne de Beaucaire dans le Gard, a déposé une plainte pour « viol en réunion » à l’encontre de quatre de ses collègues. Elle a partagé son récit avec France 3 Occitanie ce mercredi.
Le 15 mars 2024, à l’amorce d’une soirée, Valentine*, a ressenti une « ambiance étrange ». Selon elle, des collègues de son équipe l’auraient droguée sans qu’elle s’en rende compte. Cécile Gensec, procureure de la République de Nîmes, a confirmé dans le Parisien qu’une enquête avait été ouverte suite à la plainte de Valentine, et quatre sapeurs-pompiers ont été gardés à vue en février 2026, avant d’être relâchés sans contrainte judiciaire. Les investigations continuent, a précisé la magistrate.
« Je ne sais même pas ce qui s’est passé »
Le témoignage de Valentine, apportant un éclairage accablant sur cette affaire, a été relayé par France 3. Lors d’un week-end de cohésion en montagne, elle était la seule femme du groupe de sapeurs-pompiers. En boîte de nuit, elle a ressenti une atmosphère de groupe hostile, où ses collègues l’ont prise pour cible, se moquant d'elle et l'enregistrant.
De retour à leur hébergement, une situation alarmante s'est installée. « J'étais entourée de gauche à droite », se rappelle Valentine, décrivant une scène d'isolement où ses collègues ont commencé à se déshabiller. « J’ai eu un black-out », avoue-t-elle, persuadée qu’elle avait été droguée. Bien qu'elle ait consommé de l’alcool, elle souligne que son état était anormal : « J’étais troublée, avec d’énormes trous de mémoire », a-elle déclaré.
« Ne te baisse pas sinon tu vas prendre neuf mois »
Les mois suivants, Valentine a tenté de poursuivre son travail, mais les remarques désobligeantes de ses collègues ont continué. « Ils se vantaient de ce qui s’était passé, partageaient des vidéos, et j’étais en permanence la cible de leurs plaisanteries inappropriées », témoigne-t-elle. Cette humiliation l'a poussée à agir : le 27 novembre 2024, elle a alerté la cellule de signalement du SDIS Gard et a déposé plainte le 2 décembre 2024.
Ce n'est qu’en mars 2025 que les quatre sapeurs-pompiers furent suspendus à titre conservatoire. Après une garde à vue en février 2026, les suspects ont nié les accusations. Même si elles n'ont pas encore abouti à des poursuites judiciaires, l’enquête pour « viol en réunion » se poursuit. Valentine, quant à elle, a choisi de rester au sein du service, mais s'est mise en disponibilité pour une durée de trois ans.
* Le prénom a été changé.







