Quatorze ans après la découverte tragique du corps de Walter Zapata Flores, surnommé Kassandra, un homme âgé de 44 ans a été arrêté et mis en examen à Rouen. Cette avancée, annoncée par le parquet du pôle «cold cases» de Nanterre, survient à la suite de nouvelles expertises ADN qui auraient permis de relancer l'enquête.
L'homme suspecté a été écroué jeudi après un long processus d'investigation. Kassandra, une travailleuse du sexe d'origine péruvienne, avait été retrouvée partiellement carbonisée en novembre 2012, sur le bord d'un chemin à Saint-Martin-de-Boscherville. À l'époque, une autopsie avait établi que le décès était dû à une asphyxie, ajoutant ainsi une gravité particulière au cas.
Depuis la réouverture de l'enquête en juillet 2023, des experts du pôle national des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE) ont réalisé de nouvelles analyses sur les éléments de preuve déjà collectés. Ces dernières ont mis en lumière un profil ADN masculin, qui a ensuite été rapproché de celui d'un individu arrêté dans une affaire différente. Une information judiciaire a été ouverte, confirmant que le suspect avait un passif criminel vierge, selon des sources judiciaires.
Cette affaire, qui avait suscité une vive émotion au sein de la communauté LGBTQ+ et au-delà, avait été mise en sommeil suite à des investigations infructueuses en 2015. Le retour sur le devant de la scène de ce dossier démontre l'importance des méthodes d'analyse modernes et le désir de justice pour Kassandra. Comme l’explique un membre du PCSNE, « chaque vie perdue mérite d’être reconnue et chaque famille mérite des réponses ». Les victimes de tels crimes, souvent oubliées, reçoivent aujourd'hui une nouvelle chance d'obtenir justice.
Alors que l’enquête continue, le suspect a été placé en garde à vue le 31 mars avant d'être officiellement mis en examen. Les proches de Kassandra espèrent que cette nouvelle avancée marquera un pas vers la résolution d'un dossier qui, jusqu'à présent, semblait s'enliser dans l'oubli.







