La présidence libanaise a annoncé, vendredi soir, qu'une rencontre se déroulera mardi à Washington pour discuter d'un cessez-le-feu dans le conflit dévastateur qui affecte le pays depuis le début de mars.
"Il a été convenu d'organiser une réunion au département d'État pour aborder l’instauration d’une trêve et la programmation des négociations entre le Liban et Israël sous l'égide américaine", a déclaré le communiqué officiel.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a donné son accord la veille pour des "négociations directes" entre les deux nations, qui sont en état de guerre depuis plusieurs décennies.
Depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, Israël a affirmé que le Liban ne faisait pas partie de cet accord, intensifiant ainsi ses attaques contre le Hezbollah, l’allié iranien.
Mercredi, des frappes israéliennes massives ont causé la mort de 357 personnes et blessé 1.223, selon le dernier bilan du ministère de la Santé, qui précise que ce chiffre reste provisoire. Les opérations de recherche dans les décombres se poursuivent, et un nombre important de restes humains nécessitera des tests ADN.
L'armée israélienne a déclaré avoir "éliminé plus de 180 membres" du Hezbollah dans ces frappes, qui ont touché des zones densément peuplées de la capitale.
Treize membres des forces de sécurité libanaises ont également perdu la vie à Nabatiyé, dans le sud, lors de nouvelles frappes visant un complexe administratif central.
- "Crimes sanglants" -
"Cette perte tragique renforce notre détermination à établir un cessez-le-feu qui protégera le Liban et sa population", a affirmé le Premier ministre Nawaf Salam.
Le président Joseph Aoun a, quant à lui, appelé la communauté internationale à "assumer ses responsabilités pour mettre fin aux agressions répétées d’Israël".
Au total, 1.953 personnes ont été tuées et plus de 6.300 blessées depuis le début des hostilités le 2 mars, selon les autorités libanaises.
Israël soutient avoir "démantelé" plus de 4.300 infrastructures du Hezbollah et avoir tué 1.400 combattants du groupe chiite lors des frappes et des opérations terrestres dans le sud du Liban.
Le Hezbollah, pour sa part, ne communique pas sur ses propres pertes durant le conflit.
Naïm Qassem, le chef du Hezbollah, a appelé les dirigeants libanais à "cesser de faire des concessions gratuites" à Israël avant les discussions prévues.
Vendredi soir à Beyrouth, de nombreuses personnes, armées de drapeaux du Hezbollah ou de l'Iran, ont manifesté contre les négociations à venir, comme l’a observé un photographe de l'AFP.
En riposte aux "crimes sanglants" d’Israël, le Hezbollah a annoncé avoir tiré des missiles sur une base navale israélienne à Ashdod, ainsi que des roquettes sur le nord d'Israël.
L'armée israélienne a signalé une trentaine de tirs en provenance du Liban, mais a indiqué que seuls des dégâts matériels avaient été causés.
Israël a également exigé l'évacuation de nombreuses zones densément peuplées du sud de Beyrouth, bien qu'il n'ait pas mis à exécution cette menace.
Le directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a exhorté Israël à "annuler cette directive" et à garantir la sécurité de tous les établissements de santé et des civils.
Un diplomate occidental a révélé à l'AFP que des pressions diplomatiques sont exercées sur Israël par des pays européens, des États du Golfe, ainsi que l'Égypte, pour empêcher une intensification des frappes israéliennes sur Beyrouth après le "mercredi noir".







