Transformer un fragile cessez-le-feu en paix durable entre les États-Unis et l’Iran est l’objectif des pourparlers qui doivent se tenir à Islamabad, sous l’égide du médiateur pakistanais. Le 28 février, des frappes américaines et israéliennes ont tué Ali Khamenei, guide suprême iranien, entraînant des ripostes militaires iraniennes et des tensions exacerbées dans toute la région.
Le cessez-le-feu récent, convenu entre Washington et Téhéran, est entré en vigueur le 8 avril, mais il expire le 22 avril, d’où la tenue de ces pourparlers. Voici quatre éléments clés à connaître sur cette réunion cruciale, bien que son déroulement reste encore incertain.
Un fossé immense entre les deux parties
Les États-Unis présentent une proposition comportant 15 points, notamment sur l'enrichissement d'uranium iranien et la levée des sanctions. En face, l'Iran exige une gestion du détroit d'Ormuz, point névralgique pour le transit mondial d'hydrocarbures, ainsi que l'arrêt des actions militaires dans la région. Selon le Soufan Center, un think-tank de New York, le refus persistant de l’Iran de céder aux exigences nucléaires américaines pourrait empêcher un accord à Islamabad.
Le Liban est un autre levier de blocage, Israël poursuivant ses frappes contre le Hezbollah en dépit du cessez-le-feu, créant des tensions supplémentaires. Le vice-président américain, JD Vance, a suggéré qu'il pourrait y avoir un « malentendu légitime » du côté iranien à ce sujet.
Les acteurs des négociations
La délégation américaine, menée par JD Vance, comprend l’émissaire Steve Witkoff, qui a déjà contribué à des discussions antérieures. La représentation iranienne, bien que non confirmée officiellement, pourrait inclure le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, considérant ces pourparlers comme une reconnaissance implicite par les États-Unis de l'impossibilité de renverser le régime iranien.
Un rôle clé du Pakistan
Le Pakistan, qui entretient d’excellentes relations avec l’Iran et les États-Unis, joue le rôle de médiateur pour ces négociations. En effet, Islamabad a reconnu l'Iran immédiatement après son indépendance en 1947 et représente désormais les intérêts iraniens à Washington en l’absence d’ambassade. Le gouvernement pakistanais a également travaillé avec la Chine pour encourager l’Iran à accepter un cessez-le-feu, comme l’a précisé un haut responsable pakistanais.
Un dispositif de sécurité renforcé
La sécurité autour des pourparlers à Islamabad est très renforcée. Bien que le lieu et la date exacts des discussions restent flous, la capitale a été placée sous haute sécurité, avec un déploiement de troupes et de nombreuses vérifications policières. Les négociations devraient rester indirectes, avec des délégations dans des espaces séparés et l'utilisation d'intermédiaires pakistanais pour faire passer les messages.







