À 63 ans, Stefano Gabbana, cofondateur de la maison en 1985 avec son ancien compagnon Domenico Dolce, a pris la décision de démissionner en décembre dernier, comme l’a révélé Bloomberg. Cette décision, qui prendra effet au 1er janvier 2026, est présentée par l’entreprise comme un "processus naturel d’évolution de la gouvernance". Malgré son départ de la présidence, Gabbana continuera d'exercer toutes ses responsabilités artistiques, un point fondamental pour une maison où l'identité repose sur une continuité esthétique et la signature de ses créateurs.
Depuis sa création, la maison de luxe Dolce & Gabbana a été marquée par l'alchimie entre ses deux fondateurs. Domenico Dolce, originaire de Sicile, s'inspire des traditions artisanales et de l'imaginaire méditerranéen, tandis que Stefano Gabbana, également influencé par sa ville natale de Milan, propose une vison plus avant-gardiste et parfois provocante de la mode féminine. Même après la fin de leur relation personnelle, les deux hommes ont su maintenir une collaboration professionnelle fructueuse.
Les silhouettes sensuelles, les dentelles noires et les imprimés baroques sont devenus emblématiques de la marque, adoptés par de nombreuses icônes de la pop culture, telles que Madonna. L'impact créatif demeure, même après le retrait de Gabbana des fonctions exécutives.
Alfonso Dolce assure l'intérim
Selon un document officiel relayé par l'AFP, Alfonso Dolce, directeur général et frère de Domenico, prendra les rênes de l'entreprise. Sa nomination renforce le caractère familial de la maison, un aspect important puisqu'il est de notoriété publique que les parents de Domenico ont quitté la Sicile pour aider à la création de la marque.
Actuellement, plusieurs membres de la famille Dolce continuent d'influencer la direction de l’entreprise, comme Giuseppina Cannizzaro pour la haute couture et Christian Dolce pour les chaussures et accessoires.
Une dette qui attendrait les 450 millions d euros
Ce changement intervient au moment où la maison est engagée dans des négociations avec ses banques pour un refinancement de l'ordre de 450 millions d'euros. Bien que le groupe soit discret sur ces discussions, elles reflètent les défis que doit surmonter le secteur du luxe, comme le ralentissement de certains marchés et le besoin constant d'investissements. Un porte-parole du groupe a affirmé : "Concernant la dette, la société n'a pour l'instant rien à déclarer, les négociations avec les banques étant toujours en cours".
L'année dernière, la maison avait marqué les esprits avec l'exposition "Du Cœur à la Main : Dolce & Gabbana" présentée au Grand Palais, qui a révélé la profondeur culturelle et émotionnelle de leur œuvre. Entre enjeux financiers, transformation de la gouvernance et maintien de son caractère créatif, Dolce & Gabbana semble déterminée à évoluer sans s'éloigner de ses racines.







