François Caillé et David Vital ont été reconnus coupables de corruption, blanchiment et faux documents par le tribunal correctionnel de Saint-Denis.
Dans une affaire complexe mêlant faux documents, marchés publics frauduleux et blanchiment, un magnat de La Réunion, François Caillé, ainsi que l’homme d’affaires David Vital, ont été condamnés vendredi par le tribunal de Saint-Denis. Selon Le Parisien, les accusations incluaient des abus de biens sociaux et de corruption active.
Caillé, à la tête d’un empire commercial constitué de concessions automobiles et de grandes surfaces, a écopé de quatre ans de prison avec sursis, d’une amende de 300 000 euros, ainsi que d’une interdiction de gestion d’entreprise de cinq ans. Son implication dans ce scandale est d’autant plus révélée qu’il fut un ancien leader du Medef de la région.
De son côté, David Vital, âgé de 52 ans, a reçu une peine plus lourde : cinq ans d’emprisonnement, dont deux ferme, ainsi qu’une amende de 100 000 euros (50 000 avec sursis) et une interdiction de gestion d’entreprise pendant dix ans. L'homme d'affaires a été poursuivi pour des infractions similaires, y compris la fraude fiscale.
Une dénonciation à l’origine de l’enquête
L’enquête a été déclenchée début 2023 suite à une dénonciation anonyme concernant le train de vie extravagant de Vital. Les autorités ont alors mis à jour un réseau de fausses factures s’élevant à 156 000 euros, destiné à rémunérer Vital en échange de renseignements sur des appels d’offres municipaux à Saint-Paul, la seconde ville de l’île.
Le parquet avait initialement requis trois ans d’emprisonnement avec sursis pour Caillé et six ans pour Vital. Cinq autres personnes, y compris un ancien directeur d'Air Austral, ont également été condamnées à des peines de prison assorties de sursis. L’ancien dirigeant d’Air Austral a annoncé son intention de faire appel, soulignant la tempête médiatique entourant cette affaire.
Un « accord » entre les deux hommes
Le dossier impliquait quatre appels d’offres d’une valeur totale de près de deux millions d’euros liés à l'acquisition de véhicules. Un employé municipal responsable de la flotte communale aurait fourni des informations concernant les offres concurrentes pour favoriser le groupe de Caillé, moyennant des promesses d’embauche.
Lors du procès, François Caillé a confirmé avoir rémunéré David Vital via des fausses factures pour obtenir des informations sur ses concurrents, tout en niant avoir été impliqué dans un acte de corruption direct. "On m’a informé que mon groupe faisait mauvaise figure sur le marché public. J’ai passé un arrangement avec Vital pour qu’il me fournisse des renseignements", a-t-il expliqué. Il a également précisé avoir mis un terme à cette pratique en septembre 2023.







