Les journées européennes des métiers d'art se déroulent ce week-end au musée Thomas Henry de Cherbourg-en-Cotentin. Cet événement met à l'honneur une variété de professions artisanales, des luthiers aux brodeuses, mais un métier attire particulièrement l'attention : celui de rempailleuse, pratiqué par Anne Chouville, originaire de Saint-Martin-de-Cenilly dans la Manche.
À cette occasion, 14 métiers seront présentés, dont parmi eux, la rempailleuse qui œuvre à redonner vie aux chaises anciennes. La spécialité d'Anne consiste à remplacer l'assise en paille par du tissu, en réponse à une demande croissante de clients recherchant des solutions modernes pour leur mobilier.
Formée en ébénisterie, Anne a évolué vers ce nouveau défi : "Lorsque je restaurais des meubles, mes clients apportaient souvent des chaises paillées en piteux état, à la limite de l'abandon. J'ai alors souhaité leur donner une seconde chance en les réinventant. Cela permet de les intégrer à la décoration moderne", confie-t-elle.
Dans son atelier, des tissus en abondance s'éparpillent : draps, rideaux, nappes récupérés pour sa créativité. "Je découpe ces matériaux en bandes et les prépare pour les tresser autour de la chaise, remplaçant ainsi la paille traditionnelle par une touche d'art", explique-t-elle.
Des créations esthétiques... mais avec d'autres avantages pratiques
Chaque projet nécessite un temps de travail variant de 10 à 35 heures, selon la complexité du modèle. Le processus créatif est aussi stimulant : "Combiner plusieurs tissus offre des résultats parfois surprenants. C'est un peu comme peindre un tableau, on peut s'amuser avec les couleurs", souligne Anne.
Ce rempaillage revisité présente également des caractéristiques pratiques. "Contrairement à la paille, le tissu est lavable, ne salit pas facilement et ne persiste pas dans le temps. De plus, il est à l'épreuve des griffes de chat !" affirme-t-elle. Cela répond à un besoin croissant de confort en alliant esthétique et fonctionnalité.
Anne Chouville anime également des ateliers d'initiation et a déjà formé deux personnes qui se sont lancées dans cette activité. Ce samedi 11 avril à 16 heures, elle proposera une conférence au musée Thomas Henry pour présenter son métier et partager sa passion avec le public.







