Sur X (anciennement Twitter), les médias suivent une routine de publication: une phrase accrocheuse, un lien vers un article, puis le tout est partagé. Pourtant, cette méthode pourrait être contre-productive. Elon Musk a souvent noté que les posts intégrant des liens obtiennent moins d’engagement.
Ce constat n’est pas vraiment une découverte récente. Nieman Journalism Lab, un organisme associé à l'université de Harvard, a déjà souligné qu’en 2016, Twitter ne représentait qu’environ 1,5 % du trafic des sites d'information, bien qu’il jouait un rôle clé dans la diffusion d’actualités en temps réel.
X, "quasi inutile" pour suivre l'actualité?
Dix ans plus tard, la donne a changé. Non seulement X génère peu de trafic pour les médias, mais son algorithme semble également restreindre la diffusion de l'actualité. Nate Silver, statisticien américain, a affirmé sur X que la plateforme devient "quasiment inutile" pour rester informé des événements chauds.
"Le New York Times, malgré ses 53 millions d'abonnés, peine à obtenir une centaine de réactions sur des informations urgentes", a-t-il déclaré.
Cela illustre les effets d’un algorithme qui sanctionne explicitement les contenus externes. Par exemple, le New York Times, même avec son vaste public, voit ses tweets rarement susciter plus de quelques centaines d'interactions.
"Le New York Times compte 53 millions d’abonnés, et pourtant ses tweets ne produisent souvent que quelques centaines d’interactions, même pour des nouvelles urgentes", a-t-il ajouté.
En réponse à cette situation, Nikita Bier, responsable produit chez X, a critiqué la stratégie du New York Times, qui se résume à publier massivement des liens. Selon lui, un effort créatif de moindre ampleur pourrait considérablement améliorer l'engagement.
Cependant, cette tendance n’est pas isolée. Nieman Lab a analysé les tweets récents de divers grands médias et a noté la tendance préoccupante: plus un tweet inclut de liens, moins il attire de likes, de retweets ou de commentaires. Les indicateurs d'engagement en pâtissent.
Stratégie commune
Malgré ces résultats alarmants, de nombreux grands médias continuent de s'en tenir à un schéma traditionnel. Par exemple, le New York Times affiche des liens dans 88 % de ses tweets, tandis que CNN et le Wall Street Journal respectivement 90 % et 98 %. Cette stratégie vise à maximiser le trafic vers leurs contenus payants mais apparaît de moins en moins efficace.
Une équation délicate
À l’opposé, certains comptes adoptent des méthodes différentes. Des agrégateurs tels que Globe Eye News publient des informations sans liens externes, obtenant ainsi des niveaux d'engagement exponentiels. Paradoxalement, alors que le New York Times peine avec quelques centaines d'interactions, Globe Eye News atteint plus de 8 000 interactions par publication.
En somme, les médias se retrouvent face à un dilemme. Leur modèle économique repose sur l'incitation au trafic vers leurs sites, cependant les algorithmes de X les poussent à privilégier les contenus natifs. Cela les met dans une situation complexe, ne sachant pas s'ils doivent modifier leur approche ou maintenir leur modèle actuel. Actuellement, leur préférence semble pencher vers la dernière option.







