La mobilisation des salariés de Durisotti et Klégé à Bapaume prend de l'ampleur

Les employés de Durisotti et Klégé expriment leurs inquiétudes face à l'avenir de leurs entreprises.
La mobilisation des salariés de Durisotti et Klégé à Bapaume prend de l'ampleur
70 salariés rassemblés devant Klégé à Bapaume © Radio France - Vanessa Lamarre

C'est le troisième rassemblement en deux semaines pour les salariés de Durisotti et Klégé, un appel partagé pour exprimer leurs préoccupations face à la situation précaire de leurs entreprises, toutes deux sous l'égide du groupe GTE Automotive. Ce jeudi matin, environ 70 travailleurs se sont réunis devant Klégé à Bapaume, au sud d'Arras.

Depuis près de deux mois, les 168 employés de Durisotti à Sallaumines et leurs 70 collègues de Klégé à Bapaume sont en chômage partiel, ne travaillant que deux jours par semaine. Durisotti se spécialise dans la transformation de véhicules utilitaires à destination des entreprises et des forces de sécurité, tandis que Klégé, une entreprise centenaire, se consacre à la fabrication de cabines réfrigérées.

Après avoir été racheté en juillet 2024 par GTE Automotive, les deux sociétés avaient initialement reçu des promesses encourageantes : un accroissement du personnel de 450 à 2000 postes d'ici 2028, principalement à Sallaumines. Cependant, un an et demi plus tard, les salariés sont loin de voir le vent tourner. Une fois de plus, le 9 avril dernier, les employés se sont regroupés, brandissant des banderoles et faisant entendre leur voix.

Selon les syndicats, la situation se dégrade : les ateliers ne fonctionnent plus, la chaîne d'approvisionnement est interrompue, les créanciers ne sont pas payés et les annulations de commandes se multiplient.

Vanessa, assistante administration des ventes chez Klégé depuis 20 ans, souligne : "Il ne se passe plus rien ici, notre charge de travail a fortement diminué. Les clients sont absents, et la communication avec la direction est quasi inexistante".

Où sont passées les aides des collectivités et de l'État ?

Le groupe GTE Automotive a bénéficié de subventions importantes pour le financement d'un centre de décarbonation à Sallaumines : 4 millions d'euros de l'État, 600 000 euros de la communauté d'agglomération de Lens Liévin, et 1,5 million de la région Hauts-de-France. Les salariés s'interrogent sur l'utilisation de ces fonds.

Dans un communiqué récent, les dirigeants de GTE Automotive ont admis connaître des difficultés, portant à croire que les investir dans l'entreprise n'a pas empêché le remboursement de dettes antérieures.

Une lueur d'espoir ?

Le mercredi précédent, une réunion a eu lieu en préfecture d'Arras, réunissant le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, le maire de Bapaume, Jean-Jacques Cottel, et les dirigeants de GTE Automotive. Le maire a déclaré que GTE Automotive se disait prêt à investir de nouveau pour relancer la production sur les deux sites, ajoutant : "Notre objectif est de relancer l'activité et de continuer la production". Toutefois, les employés restent sceptiques quant à l'avenir de leurs postes. Ils prévoient de nouvelles mobilisations dans les jours à venir, déterminés à défendre leurs droits.

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