Lors d'une réunion tenue à Bercy, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a exprimé sa prudence concernant une éventuelle baisse rapide des prix à la pompe. Il a souligné la volatilité actuelle des cours du gasoil, aggravée par l'incertitude entourant la réouverture du détroit d'Ormuz.
"Les marchés sont très volatils", a précisé Lescure, notant un redressement des prix du gasoil à Rotterdam après une chute significative la veille. Il a ajouté que les acteurs du marché attendent une clarification sur la mise en œuvre du cessez-le-feu dans la région.
Le ministre a évoqué des niveaux de prix actuellement inférieurs à ceux observés deux jours auparavant. "Nous espérons que les réapprovisionnements permettront d'observer une réduction des prix à la pompe", a-t-il déclaré, tout en précisant que ce processus pourrait prendre un certain temps.
Serge Papin, ministre des PME et du Pouvoir d'achat, a mis en avant la nécessité d'une approche prudente, en raison de la volatilité ambiante. Malgré cela, il a mentionné qu'une réduction des prix à la pompe devrait se faire ressentir dès le lendemain dans les stations à fort débit, tandis que les plus petites pourraient attendre jusqu'à dimanche ou lundi.
Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie, a reconnu que la plupart des distributeurs avaient fait preuve de responsabilité depuis le début de la crise et a exprimé l'espoir qu'ils ajustent les tarifs aussi rapidement que les hausses précédentes.
Elle a cependant ajouté qu'il n'y avait pas de risque d'approvisionnement, mais que des tensions logistiques, en particulier du côté de TotalEnergies, compliquaient la situation en raison d'un plafonnement des prix qui avait attiré un grand nombre de clients, créant un goulot d'étranglement.
Jeudi, le prix du baril de pétrole américain a grimpé, s'approchant à nouveau des 100 dollars, en raison des incertitudes concernant la solidité du cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis ainsi que de la paralysie persistante du détroit d'Ormuz.
Dans une déclaration au Sénat, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait précédemment demandé une baisse des prix de l'essence d'ici à la fin du week-end. Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), a évoqué une possible réduction de "cinq à dix centimes" très rapidement.
Le Premier ministre doit également se prononcer vendredi depuis Matignon sur les leçons à tirer de cette crise énergétique, selon un communiqué de son cabinet.







