Le président chinois, Xi Jinping, a récemment accueilli Cheng Li-wun, la dirigeante du Kuomintang (KMT), lors d'une rencontre historique à Pékin. Cette première visite d’un leader de l’opposition taïwanaise en Chine continentale depuis une décennie a été marquée par des discussions sur le rapprochement entre les deux rives du détroit de Taïwan. Xi Jinping a exprimé sa conviction en une "unité future" et a souligné l'importance de surmonter les tensions existantes.
Cheng Li-wun a plaidé auprès de Xi pour des relations apaisées, affirmant : "Nous devons collaborer pour éviter une guerre". Elle a ainsi dénoncé les tensions croissantes, notamment militairement, entre la Chine et Taïwan. Les récentes provocations de la Chine, incluant des incursions fréquentes d’avions de chasse dans l’espace aérien taïwanais, ont suscité des inquiétudes. Pour Cheng, l’objectif est de bâtir des relations constructives, respectant les divergences entre les deux systèmes politiques, tout en dialoguant ensemble.
Les relations entre la Chine et Taïwan ont subi un durcissement depuis l'élection de la Présidence taïwanaise par le Parti démocrate progressiste (DPP) en 2016, qui prône l'indépendance. Le président taïwanais, Lai Ching-te, a lui-même critiqué les pressions exercées par la Chine, les qualifiant dangereuses pour la paix régionale. Dans le cadre de cette rencontre, Xi a insisté sur l’irréversibilité du mouvement vers une unification, indiquant que cette évolution est "le cours inévitable de l'Histoire".
Cette initiative est d’autant plus intéressante que les États-Unis, principaux alliés militaires de Taïwan, encouragent une vente d’arms de 39 milliards de dollars à l'île. Cheng, bien que critique face à une approche trop radicale, a proposé un plan intermédiaire de 12 milliards pour l'acquisition d’armements, espérant que des discussions constructives entre le KMT et le Parti communiste chinois pourraient transcender les conflits actuels. "Nous souhaitons que le détroit de Taïwan ne soit plus un foyer de tensions", a-t-elle déclaré, mettant en avant l’urgente nécessité d’un dialogue pacifique.
Ce n'est pas la première rencontre entre Xi Jinping et des responsables taïwanais ; en 2015, il avait échangé avec l’ancien président Ma Ying-jeou. Le KMT, fondé en 1912, continue de jouer un rôle clé dans la politique taïwanaise. Les efforts continus de dialogue sont cruciaux, comme le souligne Cheng : "Construire une communauté de destin pour les deux rives, c'est une nécessité pour garantir la paix".







