L'ancien président cherche à se repositionner sur l’échiquier politique alors que la prochaine élection présidentielle s’approche.
À un an de la présidentielle, François Hollande affiche clairement ses ambitions en se préparant à d’éventuelles candidatures. Il a déclaré : “Comment être utile aujourd'hui ? En me préparant” lors d'un entretien accordé au magazine Marianne.
Avec une position en faveur d'une “gauche réformiste”, l’ancien président, dont le précédent mandat s'est terminé en 2017 sur une note d’impopularité, cherche à établir un terrain favorable pour 2027. Selon Jean-Christophe Cambadélis, ancien secrétaire du Parti Socialiste, l’idée du retour de Hollande semble gagner du terrain dans l’opinion publique, même si des concurrents tels que Raphaël Glucksmann ou Bernard Cazeneuve de son propre camp se font déjà entendre.
Un parlementaire proche de Hollande observe : “Il est en train de jauger les forces”, notant que la compétition se dessine déjà autour de lui. Une “compétition amicale” se profile, marquée par des débats qui permettront de déterminer le candidat le plus apte à faire face à Jean-Luc Mélenchon, présage Cambadélis.
Vers une rencontre décisive
Ce samedi, il se rendra à Liffré, où, lors d'une rencontre de la social-démocratie, il croisera des figures clés telles que Boris Vallaud et Yannick Jadot. Ce rassemblement pourrait être déterminant pour poser les jalons de sa candidature, d'autant que “Hollande, Cazeneuve, Glucksmann savent qu’il n’y a qu’une place”, précise une source proche de l’ancien président.
Fier de son expérience, il se distingue en affirmant qu’il n’entretenait “pas de relation passionnelle avec le pouvoir, mais avec la France”. Sa stratégie consiste à séduire l’électorat de gauche tout en tenant compte du centre dès le premier tour. Hollande multiplie les rencontres afin de formuler ses idées, avec comme objectif la présentation d'une série de propositions d’ici fin août.
Un bilan controversé
Bien que réticent à une primaire, il propose d’attendre la “cristallisation” des sondages pour choisir un candidat, une position controversée au sein du PS. Le politologue Rémi Lefebvre estime cependant que ses chances demeurent faibles, malgré l'énorme potentiel d’un ancien président dans un contexte politique hyperfragmenté et instable.
D'après Wilfried Pailhès, conseiller proche de Hollande, la situation actuelle pourrait favoriser un retour : “La candidature d’un ancien président est perçue comme un élément de stabilité.” Cependant, son passé demeure un handicap, surtout en raison des critiques sur sa gestion, notamment sur des questions comme la loi Travail. Selon Lefebvre, “Le PS ne peut pas se permettre de jouer la carte Hollande, ce serait un aveu d’échec.”







