Lors du sommet franco-africain qui se tient à Nairobi, Emmanuel Macron a souligné que l'Afrique nécessite des investissements plutôt qu'une aide traditionnelle. Accompagné de son homologue kényan William Ruto, ils ont dévoilé un plan ambitieux de 23 milliards d'euros destinés à divers secteurs clés.
Intitulé "Africa Forward", ce sommet marque une première historique puisqu'il se déroule dans un pays anglophone, mettant en avant des thèmes comme la jeunesse, le sport, et l'innovation. Les investissements annoncés incluent 14 milliards d'euros provenant de sources françaises, tant publiques que privées, et 9 milliards venant d'initiatives africaines, touchant à des secteurs tels que la transition énergétique, le numérique, l'économie bleue, l'agriculture, et la santé.
M. Macron a exprimé un souhait de réorienter les relations entre la France et le continent, critiquant le modèle des anciennes rencontres qui, selon lui, imposaient aux Africains des solutions qu'ils n'avaient pas demandées. "Ce n'est plus ce dont l'Afrique a besoin, et cela doit changer", a-t-il affirmé.
William Ruto a soutenu son point de vue, plaidant pour des investissements dans des domaines prioritaires tels que l'éducation et les infrastructures. Il a ajouté que l'Afrique ne recherchait plus des aides ou des prêts, mais des investissements qui favoriseront son développement autonome.
Lors d'un discours humoristique devant des universitaires, Macron a abordé la question cruciale des ressources, rappelant que même la France doit adopter une approche lucide face à ses propres finances publiques, tout en soulignant que "l'Afrique réussit et mérite une plus grande souveraineté".
Macron a promu l'idée que les destins de l'Europe et de l'Afrique sont intrinsèquement liés. "Un échec dans vos pays aurait des répercussions sur notre continent", a-t-il averti, accusant des tensions migratoires potentielles si des actions ne sont pas prises dans le sens d'une prospérité partagée.
Dans une interview accordée à The Africa Report et Jeune Afrique, le président français a mis en évidence sa volonté d'établir une coopération basée sur le respect mutuel. "L'Europe ne peut être perçue comme un prédateur. Elle s'engage pour un ordre international juste et équitable", a-t-il déclaré.
Ruto, pour sa part, a salué ce "recalibrage des relations" et a loué la capacité de Macron à communiquer efficacement avec les Africains. À l'approche du sommet du G7, les deux dirigeants discuteront de réformes nécessaires pour renforcer le cadre financier international, visant des investissements privés en Afrique.
Malgré les critiques persistantes envers la France concernant ses politiques en Afrique, Macron a conclu en soulignant la nécessité de reconnaître les erreurs du passé et d’adapter les relations entre les anciens colonisateurs et les pays concernés. Les sondages récents, comme celui de Ipsos, révèlent que 74 % des Africains interrogés ont une image positive de la France, montrant une évolution des perceptions, notamment parmi les jeunes.







