Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, la France prend l'initiative sur le plan diplomatique. Emmanuel Macron a annoncé son intention de soumettre une proposition aux Nations unies pour établir une mission totalement neutre et pacifique afin de sécuriser le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial. L'annonce a été faite lors d'un entretien avec TV5, France 24 et Radio France Internationale.
Pourquoi cette initiative ?
Lors d'un sommet franco-africain à Nairobi, Macron a souligné : « Il est essentiel de permettre la réouverture sans conditions du détroit d'Ormuz, en mettant un terme aux blocus et en engageant un dialogue exigeant avec l'Iran ». La France, aux côtés du Royaume-Uni, cherche à constituer une coalition maritime de pays non-belligérants pour assurer la sécurité de cette zone dès que Téhéran et Washington accepteront de lever leurs blocus respectifs.
L'importance stratégique de ce passage maritime ne saurait être sous-estimée : il entrave l'exportation d'hydrocarbures du Golfe, contribuant à la hausse des prix des carburants et affectant ainsi l'économie mondiale. « La priorité doit être la réouverture d'Ormuz », a insisté le président français.
Quels pays seraient impliqués ?
Un dialogue a été établi avec une quarantaine de pays, lors d'une réunion virtuel coprésidée par les ministres de la Défense britannique et français. Le Royaume-Uni a déjà annoncé un financement de 115 millions de livres pour soutenir la mission avec des drones et des systèmes de défense. L'Australie, quant à elle, a exprimé sa volonté de rejoindre ce projet sous l'égide de Londres et Paris, avec l’implication d’un avion de surveillance.
Quelles seront les prochaines étapes ?
La proposition de mission à l'ONU devrait se concrétiser par un projet de résolution au Conseil de sécurité, visant à encadrer cette initiative. Paris espère convaincre Téhéran et Washington de dissocier la question d'Ormuz des autres négociations en cours. L'inclusion de tous les pays de la région touchés par les conflits est également une priorité pour Macron. Cependant, un projet de résolution soutenu par les États-Unis et Bahreïn visant à exiger la fin des attaques iraniennes demeure menacé par un potentiel veto russe.







